‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 13 sur 263 · Ep. 243, dans Jafîé · texte numérisé non relu

Ep. 243, dans Jafîé

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Alcuin avait entrepris celle-ci à la prière de Rado, et celle-là sur le désir d'Angilbert, deux abbés de monastères placés sous la protection de ces saints. Ce genre de rénovation d'anciennes Vies devient de plus en plus à la mode et témoigne du développement de la culture esthétique, quel que soit en règle générale le peu de goût que ces élaborations nous présentent par leur développement. Alcuin a composé une troisième Vie de saint, et celle-là est un ouvrage original : c'est la vie de saint AVillibrord, apôtre des Frisons, précurseur de saint Boniface, et premier évèque d'Utreclit. C'était un Xorthumbrien, mais un Northumbrien qui avait étudié en Irlande, où il était allé pour se former, selon l'exemple d'autres clercs remarquables de l'Angleterre (1). Il y fit un séjour de douze ans. Il se rendit ensuite, en qualité de missionnaire, dans le pays des Frisons (690) : mais tous ses efforts restant sans résultat à cette époque, il passa aux pays des Francs. Comme il était protégé par Pépin, le pape Sergius Féleva au rang d'évêque missionnaire, en l'an 69o, après quoi, il prêcha de nouveau l'Evangib' aux Frisons, aux Danois et même aux habitants d'Helgoiand. Après la conquête de la Frise, par Charles Martel, il reçut Févêché d'Qrecht.

^N'illibrord avait, en outre, fondé le cloître dEpternach. C'est l'abbé de ce cloître, Béonrad, qui avait prié Alcuin de relater la vie [vita), les mœurs [inoi^es] et les miracles [miracula) du Saint; et, quoique l'auteur, le plus occupé des hommes, dût prendre le temps sur ses nuits, il accéda néanmoins à la prière de l'abbé et de la façon la plus large ; il le fit sans doute d'autant plus volontiers que Willibrord était son parent. Alcuin composa cette vie sous une double forme, d'abord en prose, puis en vers : la première rédaction était destinée à être lue publiquement dans l'église, devant les moines; la seconde, au contraire, devait servir de lecture particulière aux savants d'entre eux. Alcuin ajouta en outre à la vie en prose une courte homélie qui devait être lue devant le peuple, par man ère de sermon, le jour de la fête du Saint (2).

î. «... Peregrinationis amore instigatus.Et quia in Hiberniascolasticam eruditionem viguisse aadivit, etc., c. i. » 2. C'est Alcuin lui-même qui lait connaître la destination de ces trois tra-

[24-2.^. J DE REf.îBlîS ET SANCTÎS EtînORirAE .'Il

Quant à la vie du Saint écrilo on prose, elle a naturellement une tendance à l'édilication et se trouve en rapport avec le but à atteindre : ce n'est pas comme historien^'qu'Alcuin se mit ici à l'ouvrage; et cependant, on peut lui reprocher avec raison d'avoir fait trop peu de cas de ses études histori(jues, surtout en écrivant la vie d'un héros qui n'était pas un saint d'une taiUe ordinaire, et qui avait été en outre un missionnaire remarquable au point de vue de l'histoire de la civilisation. La disposition des matériaux elle-même laisse à désirer. Il n'y a qu'un point où l'auteur mérite des éloges : à l'encontre des autres Yies de Saints, écrites à cette époque, et de l'élaboration de la Yie de Ricliaire, par Alcuin lui-même, le style est simple et correct, bien que l'auteur ne renonce pas complètement pour cela aux expressions figurées. Cette qualité se retrouve ég'alement dans la Yie écrite en vers hexamètres, qui n'est qu'une versification de la première. On y retrouve les mêmes expression, les mêmes tournures, m.ais, avec des coupures portant sur des parties essentielles; c'est pourquoi l'auteur renvoie le lecteur à ses mêmes parties, contenues dans la Yie enprose(l). De même que cette Yie versifiée est précédée d'une préface en distiques, de même l'auteur y a ajouté, plus tard probabh*ment, et toujours en distiques, un épilogue relatif au père du saint. Alcuin y raconte, sous forme de supplément, la naissance et l'éducation de AYillibrord, en prenant pour base de son récit les premiers chapitres de la Yie écrite en prose (2).

Avec cet ouvrage, nous avons déjà abordé le domaine de la poésie, chez Alcuin. Son œuvre la plus volumineuse, lapins importante, comme aussi la plus ancienne parmi celles qui nous restent de lui, fut apparemment composée à York, alors que l'auteur était encore, à coup sur, dans toute l'ardeur de sa jeunesse. Elle avait pour titre : De patiibiis, regibus et Sanctis Euboricae.

vaux, clans la dédicace qu'il adresse à l'abbé Béonrad, qui était en même temps archevêque de Sens.

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