Carmina, éd. Grosse, c. 4; Carmina quadrag., c
3. (( Vescor polo libens, rithmizans invoco Musas. » Carm. quadrag., c. 33, V. 3.
4. Dümmler, Fiinf Ged., p. 171, Cf. Carm., éd. Grosse, c. 15.
5. V. aussi Carm. éd. Grosse, c. 15, v. 82; Sédulius s'y fait appeler par sa muse du nom de Graecidiis.
6. V. N. Archiv. IV, p. 317 sq.: Dümmler cherche à y prouver que les
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gagner les bonnes grâces de Tadon, comme aussi celles d'autres prélats distingués et de très illustres laïques : c'est une preuve que le sentiment esthétique régnait encore dans les cercles de la haute société.
Nous possédons plus de cent poèmes de Sédulius. Ce sont, pour lia plupart, il est vrai, des poèmes d'occasion, mais ils sont écrits néanmoins, en partie, dans un style élevé. Sédulius n'était pas un simple versificateur; il possédait une étincelle d'inspiration poétique, en sorte que, chez lui, nous trouvons des passages et jusqu'à des poèmes tout entiers, qui sont dignes d'un vrai poète. Mais c'est au point de vue de l'histoire littéraire qu'ils offrent surtout un intérêt multiple. D'abord, intérêt général : en eux, se reflète, comme dans un miroir, la nationalité de l'auteur, avec ses contrastes frappants : on y voit paraître le penchant à la pompe déclamatoire tout aussi bien que des tendances au genre hurlesque et vulgaire : malgré cela, ils ne manquent pas complètement d'un certain souffle élégiaque.
Ces poèmes sont en majeure partie ou bien des poèmes épistolaires , dans la forme de l'élégie antique, ou bien des poèmes panégyriques; ces derniers sont en partie composés aussi en distiques, et ils se rattachent aux premiers, et, en partie, ils apparaissent comme des odes à strophe saphique. Deux élégies à l'évêque Hartgar, qui fut obligé d'aller à Rome, peu de temps après l'arrivée des Ecossais , nous offrent l'expression d'un sentiment vrai : dans l'une , le poète accuse l'hiver, cet enfant sauvage des rochers de la Scythie, de lui enlever ce flambeau d'or. Cet évêque était, en effet, pour ces étrangers, non seulement un soutien, sous le rapport matériel, mais même un consolateur spirituel. Dans l'autre, il orpoèmes édités par Hagen {Carmina med. aevi, p. l-IO) et notamment ceux qui sont adressés à Tadon ont Sédulius pour auteur. Pour ces derniers, je partage entièrement son avis. Cette manière de voir est confirmée par le fait suivant : Sédulius y met à profit, comme il le fait aussi ailleurs, ses propres poèmes antérieurs, auxquels il emprunte des vers entiers, par exemple, dans le c. VII, où il utilise notamment le poème adressé à Hartgar alors qu'il était à Rome {Carm,. quadr., c. 3) ; la comparaison du v. 55 de ce poème avec le v. 39 du c. Vil, montre, d'après le contexte, que ce n'est pas le contraire qui aurait eu lieu.
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donne aux Musos de ramener Ilarlgar, el il supplie le Tihnd'avoir pitié du Rhin el de le faire partir (1). Quant aux po«;nies panégyriques, ils ne manquent pas d'èlrc intéressants, <'u général, du moins à cause des personnages auxquels ils sont dédiés. <.'.'est ainsi que deux d'entre eux sont adressés à Charles le Chauve, dont le poète vante l'érudition, et (ju'il M(> craintpas decomparerà 1'« ancien Charles »(Gharlemagni'). Les poèmes adressés à Lothaire, souverain du pays, ainsi qu'à sa famille ne sont pas moins grands : mais le poète trouve s(\s plus beaux élans pour célébrer la belle, la pieuse épouse de l'empereur, Irmingarde, pour laquelle apparemment il avait une inclination personnelle ; il emploie les plus belles couleurs de sa palette poétique pour faire le portrait de sa beauté (2) ; c'est pour elle qu'il ht également des vers sur des scènes de la vie de saint Pierre, qui servaient d'ornement à un pallium donné par l'impératrice (3). Sédulius dédia aussi des poèmes aux fils de Lothaire et à sa fille Bertha qui était devenue abbesse d'Avenay, après la mort de son mari. Dans l'un d'eux à cette dernière, il vante surtout les qualités morales de la mère d'Irmingarde, qualités qui se retrouvent dans la fille [Carm. quadr.^ c. 37). Un poème de cinquante-deux distiques réciproques chante également les louanges de Louis le Germanique (Ed. Grosse, c. 10) ; la seule chose digne de remarque, dans ce déluge de mots, c'est l'éloge que le poète donne à l'empereur pour ses efforts à propager le christianisme.
Ces poèmes, composés comme par routine et assaisonnés