‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 136 sur 263 · Il manque de toute conclusion · texte numérisé non relu

Il manque de toute conclusion

244 s. AGOBARD [218-9.]

Chose incroyable! jusqu'à l'étude approfondie de Simson,on les a regardés comme ne formant qu'un seul et même écrit, auquel on avait donné pour titre : Liber apologeticiispro filiis Liidovici. Mais les six premiers chapitres, ainsi que le prouve excellemment Simson (1), forment un écrit tout particulier ayant le caractère parfait du pamphlet et offrant, sous le rapport du style, ce qu'Agohard a écrit de mieux. Ainsi que le montre déjà le début, cet écrit s'adresse à tout le monde ; il commence comme un sermon politique (2) : Audite haec, om- 7ies geîites, audiat terra et pleiiitudo ejus a solis ortu usque ad occasion , ab aquilons ad mare (3). Il fut composé au printemps de l'année 833, époque où l'empereur Louis convoqua le ban et l'arrière-ban contre ses fils en révolte ; c'était par conséquent à la veille de la guerre civile. Il a pour but de justifier la conduite des fils et de prévenir l'effusion du sang*. Mais il dégénère en une violente philippique, et il respire bien plus la guerre que la paix. L'accusation s'adresse principalement à l'épouse de l'empereur, Judith : c'est elle qui est cause de tout le mal. Les fils sont tout à fait dans leur droit, dit l'auteur dès le début, en voulant purifier le palais paternel de la vilenie et de l'intrigue, et l'Empire du tumulte et des agitations. Tout alla bien tant que l'empereur avait encore de la virilité; mais, bientôt après, l'impératrice commença à mener une vie de débauches; connue seulement au début par quelques personnes, cette vie le fut ensuite d'un plus grand nombre et enfin de tout le monde. Le sentiment moral des fils se révolta et provoqua le premier soulèvement; Judith dut se retirer dans un couvent. Mais, par suite des concessions de la part des fils et grâce à la puissance de ses charmes, l'impératrice rentra au palais et ressaisit le pouvoir en faisant changer d'avis son époux.

D'après cela (c. 3), saint Agobard en revient à l'abus qu'on

1. (c Ueber den sogenannten Liber apolog. des Erzbischofs Agobard v. Lyon. ))0j3. c, I, p. 397 sq. L'argumentation de Simson est corroborée encore par la fin du chapitre sixième : « Amen, amen ethymnum Deo. )>

2. Les sermons débutaient, en effet, par Audite et finissaient par Amen (V. la remarque précédente).

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