‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 145 sur 263 · L'^'^^-'^-J ■ RR FIDE, SPE ET <:ARIIATK · texte numérisé non relu

L'^'^^-'^-J ■ RR FIDE, SPE ET <:ARIIATK

parFunion corporollo avor Jésiis-Clirisl, dans ri^uchaiislic la natuKe humaine de l'homme se trouve élevrc à l'immortalité et aûisi se justifie la résurrection de la chair. Ce n'est pas à tort qu'on a reproché à ce livre, dans le fond théoh.-icjue duquel nous n'avons pas à pénétrer id plus avant, une n.mposition défectueuse, et, ce qui en est la suite en partie, hi prolixité résultant de fréquentes répétitions. Par ces dernières, l'auteur voulait atteindre apparemment le but qu'il se proposait, c'est-à-dire rendre son livre accessible à tout le monde; ce livre du reste se recommandait, à tout prendre, par une période facile et par un style plein de naturel.

Nous trouvons une sorte de supplément à ce livre dans une Mire, Epistoia ad Frifdegardum, où Radbert cherche à réfuter, mais en ne s'appuyant ici que sur des preuves théologiques' les doutes qui s'étaient élevés dans l'esprit de plusieurs relativement à sa doctrine, et dont ce moine lui avait fait part dans une lettre.

Radbert composa, déjà dans un âg^e avancé, un autre éciit purement dogmatique, dans lequel il pouvait encore satisfaire son amour du merveilleux; je fais allusion à son opuscule. De partu Virginis. Il y défend la naissance surnaturelle de Jésus- Christ, et il avance^ à cette occasion, l'opinion que Marie n'a pas été atteinte par le péché originel.

Par contre, son ouvrage, De fide, spe, et caritate, consacré auxtrois vertus théologales et, par suite, divisé en trois livres^ offre un caractère un peu plus philosophique. Il est encore adressé à l'abbé Warin, qui avait prié Radbert de le composer, et il est destiné à l'enseignement (1). Il est précédé d'un acrostiche qui contient le nom de Radbert et célèbre les trois vertus théologales. Le premier livre est notamment digne de remarque, en tant que l'auteur y examine les relations entre la foi et la science et qu'il arrive déjà à la connaissance du principe qui domine la scolastique du moyen âge et que saint

1. Voy., outre la dédicace, la conclusion: u Haec, prout potui, Pater... dévolus obtuli, non ut sufficiat de his quod dixi, sed ut habeat béatitude tua adhuc tironibus quid exhibeat de tribus istis virtulibus, sine qiiibus nemo est christianus. )>

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Anselme exprima de la manière la plus concise, en disant: Credo ut iiitellegam^i). Ritter, qui a bien su apprécier la portée de cet ouvrage, ne méconnaît point le mérite que devait avoir, pour cette époque, une composition bien ordonnancée où la doctrine de saint Augustin se trouvait transmise (2). Elle devait, en effets donner le mouvement à des études théologiques plus profondes et par là, en général, à une activité spéculative plus grande.

Radbert est aussi l'auteur de différents Conimentaii^es sur la Bible, dont le plus important et le plus détaillé est celui de l'évangile de saint Mathieu ; il comprend douze livres et il fut composé, en grande partie, dans le temps où Radbert se livrait à ses études scientifiques, après s'être démis de sa dignité d'abbé. Il faut en chercher le point de départ dans les Homélies qu'il prêcha à ses moines. C'est aussi pour eux et à leur demande qu'il fut écrit tout d'abord, afin de les exciter à Tétude de la sainte Écriture. Ce commentaire, comme ceux d'Alcuin et de Raban, ne sera qu'un recueil, quoique non littéral, de commentaires antérieurs, avec indication des sources, indication laissée de côté toutefois dans les manuscrits qui nous sont parvenus. Radbert néanmoins, qui avait une humeur très prononcée de causeur, y mêla un grand nombre d'observations de son crû et, par suite, maintes digressions et allusions relatives à son époque : c'est ainsi que, lorsque l'occasion s'en présente, non seulement il attaque les hérésies contemporaines, mais encore qu'il déplore les tristes événements politiques qui pourraient bien faire pressentir la fin du monde (3). Dans ces commentaires l'explication biblique porte

1. Un des passages les plus caractéristiques du livre de Radbert est bien le suivant: « Porro, illa quae de Deo divinitus dicuntur, credibilia quidem sunt simul et intelligibilia, sed nisi credantur primo, numquam infclJeguntur; idcirco necesse est credantur ex toto corde et ex tota anima et ex tota virtute, ut Christo illustrante hic ex parte et in futuro ex toto intellegantur; et tanto amplius vel perfectius hic aut illic, quanto mundiores corde mandatorum Dei praeceptorumque observatores erimus. » (L. I, c. 7, § 2.)

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