Par exemple, v. 158 sq
Il ^
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modèle de cette chronique rimée du moyen âge, qui a tant de liens de parenté avec l'épopée et qui met parfois au premier plan les événements ecclésiastiques.
Alcuin composa en outre un grand poème, je veux dire une élégie de cent vingt distiques, sous ce titre : De clade Lindisfarnensis monasterii [i). C'est un poème d'occasion, écrit pour la consolation des moines de ce couvent célèbre de la Northumbrie; l'auteur les connaissait depuis longtemps déjà; même pendant son séjour en France, il n'avait pas cessé d'être en correspondance avec leur abbé, Tévêque Higbald. Ce cloître, en effet, de même que l'église de Saint-Cuthbert, fut saccagé parles Danois^ en 793, et plusieurs moines furent tués à cette occasion. Comme ce lieu, ainsi que s'exprime Alcuin (2), était plus digne de vénération que tout autre, dans la Bretagne, Tévénement fit la plus grande sensation; l'on y reconnut un trait de lajustice divine; c'est du moins ce qu'y vit notre auteur. Il en prit occasion pour écrire deux lettres (Ep. 22 et 23) au roi de Northumbrie et aux grands de son royaume ; il les exhorte à la piété et à une bonne administration. Pour le même motif, il écrivit aussi à Higbald et à ses moines deux lettres de condoléances, contenant des exhortations (Ép. 24 et 2o). Ces lettres furent suivies de l'élégie, dans laquelle nous retrouvons les mêmes pensées et les mêmes exemples qu' Alcuin avait déjà développés. Le poète y dit d'abord que, dans le monde, il n'y a rien de stable depuis la chute de nos premiers parents; par conséquent point de bonheur durable ; tout change continuellement, et il en est de la vie humaine comme de la nature ; c'est notamment ce qui est grand qui se trouve souvent atteint par une ruine inopinée. iVprès avoir rappelé la chute de grands empires et l'histoire des temps passés, le poète appelle l'attention^ pour les temps présents, sur la domination des infidèles, en Orient et en Espagne. Aussi, au lieu de la patrie terrestre, c'est la pairie céleste qu'il faut aimer; c'est celle que Dieu réserve aux justes qu'il a mis à l'épreuve. Après cela, le poète
\. Le long titre traditionnel : De verum humanarum vlcissitudine et clade Lindisf'arnensis 7nonasteni, est dû à Proben. Le poème est sans titre dans les manuscrits. Cf. Diimmler, iV. A7TÄ.,p. 121.