‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 17 sur 263 · Ep. 22 (p · texte numérisé non relu

Ep. 22 (p

[28.] DE CLADE LANDÎSFARN I:\S1S MOXASTERH af.")

rappelle aux moines la puissance de la prière : rette puissance ne s'est pas seulement manifestée chez les patriarches juifs, elle se retrouve même chez leurs propres évèrjucs, ainsi (ju'il le montre par des exemples. La fm s'adrese ù llighald en personne. Si l'on en excepte un petit nomhre de passages, cettf^ élégie manque d'élan et de charme poétique; elle en manque d'autant plus qu'Alcuin devait renoncer à faire la description du sac du cloître, dans un poème adressé à des témoins oculaires de son récit.

Ce poème doit sa naissance à une cause tout extérieure; les autres poèmes d'Alcuin (épigrammes ou épîtres, écrites soit en distiques, soit en hexamètres) sont, eux aussi, pour la plupart, plus ou moins des poésies d'occasion. Alcuin s'y rattache complètement à Fortunat, qui cultiva spécialement ce genre de poésie.

Les épigrammes sont, d'abord et principalement, de véritables inscriptions, hîscriptioîies, pour des manuscrits par exemple, mais surtout pour la Bible : Alcuin avait coutume de faire suivre ou précéder ses propres ouvrages (Grammaire, Rhétorique, etc.), de semblables inscriptions; elles peuvent servir à remplacer des tables des matièresdétaillées(l). Ces inscriptions étaient ensuite composées pour des églises, des oratoires, des autels, des portes d'églises et pour des tombeaux (2) ; c'était donc des épitaphes. Alcuin les composa principalement à la prière d'autrui (ainsi que nous le montrent ses lettres, comme Ep. 224), par exemple, celle qu'il fit pour l'église collégiale de Saint-Yédaste qui venait d'être restaurée par l'abbé Rado, ami de l'auteur; ou bien encore celle qu'il écrivit pour Saint- Amand, ce cloître dont l'abbé Arno était son ami le plus intime et dans le voisinage duquel l'auteur possédait une propriété. C'est ainsi qu'il écrivit encore, au nom de Charlemagne, et comme inscription, une épitaphe qui nous reste, pour le tombeau du pape Adrien. Parmi ses poésies, on trouve égale-

1. V. 0pp., t. II, p. 203 sq.; Poetae latini,l,p. 288 sq. Pour quelques-unes de ces inscriptions, il est vrai, la paternité d'Alcuin ne semble pas suffisamment prouvée.

2. De même qu'une inscription lumulaire inédite pour Aelbert. V. Dümm-

1er, N. Arch., p. 120.

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ment des inscriptions pour divers appartements des cloîtres, inscriptions dont l'authenticité, il est vrai, n'est pas toujours certaine. Il y en a pour la salle des classes, pour la bibliothèque, où travaillaient également les copistes; c'est à ces derniers que s'adresse l'épigramme (c. 67) dans laquelle il recommande l'attention, surtout par rapport à la ponctuation, remise en honneur à cette époque par les efforts d'Alcuin (1). Quelques-unes de ces inscriptions ne manquent pas d'esprit et le style en est facile et attrayant; la plupart toutefois ne sont qu'un travail de fabrique.

Parmi les épigrammes qui méritent vraiment ce nom, et le nombre en est très peu considérable, il faut en citer une, pleine d'esprit, composée pour la petite porte du petit Eginhard (2) ; quelques-unes d'entre elles servent de transition à la poésie épistolaire; celle-ci est représentée, non seulement par des poèmes de longue haleine, mais par de petites poésies^ des billets en vers (par exemple, c. 227, en cinq distiques), tout comme dans Fortunat (3). Bien plus, Alcuin avait coutume déterminer ses lettres en prose par un ou plusieurs distiques et de confier à la poésie le mot de la fin. Mais on trouve aussi de vrais poèmes à la suite de ces lettres, de sorte qu'une épitre en prose est suivie d'une épitre en vers, ou vice versa (voyez par exemple Ep. 248) (4). Ces épîtres en vers [ont, en partie, une grande valeur historique, ne fut-ce même que par rapport au destinataire. C'est ainsi que la plupart et les plus intéressantes d'entre elles sont adressées au « cher et doux David, l'amour de Flaccus. » Dans l'une, Alcuin demande à Charles des nouvelles de l'école impériale et fait, en plaisantant, un tableau du mouvement scientifique à la Cour ; il y parle des élèves d'Hippocrate et de la formation du clergé; il s'y moque du petit maître d'écriture, Zachée ; il fait mention des études astronomiques d'une élève (de Gisèle

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