Cf. Prantl, op. c, p
2. Nous en trouvons un exemple longuement détaillé dans l explicali-ui de l'œuvre de la création, dès le début du premier livre de Moïse: (L. IH, c. 24 sq.)
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niers qui n'en forment qu'un seul pour ainsi dire. A la lucidité de la composition, correspond la clarté de l'expression qui s'élève, par ce qu^elle a de précis et de correct, bien audessus du style traditionnel à cette époque dans les ouvrages de spéculation, et nous montre une allure entraînante et pleine de vie. Cette allure est soutenue par la forme de l'ouvrage qui est celle d'un dialogue entre un maître et son disciple, forme qui est ici assurément empruntée aux premiers ouvrages philosophiques de saint Augustin (1). Cette forme a ici un caractère dialectique et nullement pédagogique.
On conçoit aisément qu'un philosophe, et un philosophe comme Erigène, ait éprouvé de l'anthipathie pour la doctrine de Gottschalk sur une double prédestination. Il la combat dans son livre De divina praedestinatione, où les idées développées systématiquement dans son grand ouvrage se montrent déjà clairement; et il la combat à un triple point de vue : d'abord, comme incompatible avec l'essence de Dieu, l'unité parfaite de cetteessence ; ensecondlieu, comme incompatible avecl'essence de rhomme^ créé à l'image de Dieu, qui possède par là substantiellement le libre arbitre, et qui ne pouvait par conséquent le perdre même par le péché originel (2). 11 la combat enfin comme incompatible avec l'idée du mal, lequel, vu que toutes choses remontent à Dieu comme à leur cause dernière, ne saurait exister substantiellement, mais n'est que la corruption du bien [corruptio boni) (3). Une prédestination au mal, ou bien seulement à la mort éternelle comme châtiment du mal, est par conséquent impossible de la part de Dieu. Le mal se