‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 162 sur 263 · Voy. vol. I, p. 259 sq · texte numérisé non relu

Voy. vol. I, p. 259 sq

2. « Non enim aliter debuit fieri rationalis vita, nisi voluntaria, cum ab ea Yoluntate, quae est causa omnium, creata sit ad imaginem et similitudinem sui. Aut quomodo eam divina voluntas, summa videlicet universitatis ratio, quae nuUa necessitate string-itur, quoniam sua liberrima potentia poLiLur, imaginem sui similem faceret, si non ejus substantiam crearet vo- Juntalem liberam rationalem? — Hoc apertissimo probatur argumento, quod sumitur ex primi hominis peccato. Quamvis enim beatam vitam peccando perdidit, substantiam suam non amisit, quae est esse, velle, scire. » {De dit praedeslhi. C. IV, § 5 et 6, init.)

3 C. X, § 3. Érigène s'en rapporte ici à saint Auiiustin. Cf. aussi vol. I. p. 233.

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punit plutôt lui-mAme (l). Il fait consister ici é-alomont rcssencc dos peines de l'enfer dans laLscnc' senh; de la béatitude. Dans son ouvrage philosophique, il nie dirrcIfMneul l'existence d'un enfer sensihie (2). Comme Krigi-iie laissait, avec ces hardiesses de pensée, son siècle loin derrién' hiil..' On comprend aisément que notre auteur, en traitant, de son point de vue philosophique, cette question de la prédestination, ne réussit pas à obtenir l'approbation des adversaires même de Gottschalk, bien qu'il défendit leur cause; mais ce que l'on comprend moins, c'est comment il pouvait, avec tout cela, se croire, de bonne foi, le défenseur de l'Église catholique, et comment il pouvait, dans de violentes apostrophes, appeler Gottschalk hérétique, ainsi qu'il le fait au début de son livre (c. 2).

Comme ouvrages théologiques d'Érigène, nous possédons encore, en dehors de ceux que nous avons nommés, des fragments d'un commentaire sur l'évangile de saint Jean et une homélie sur le début de ce même évangile ; l'auteur y célèbre, en termes pleins d'enthousiasme, cet apôtre comme le type de la contemplation et de la science. Notre auteur a composé encore, comme ouvrage scientifique, un Commentaire sur Martianus Capella, lequel est apparemment un fruit de son professorat.

Mais, d'après la mode de l'époque à laquelle nous avons déjà fait allusion, Erigène a aussi sacrifié à la Muse lettrée, et nous possédons effectivement de lui un certain nombre de poèmes qui portent, en tout point, la marque de son esprit : il n'est donc guère possible de douter de leur authenticité. Mais tous sont des poèmes d'occasion, les uns en distiques, et c'est le plus grand nombre; les autres en hexamètres ; la plupart d'entre eux sont adressés à son protecteur Charles le Chauve. Il semble qu'Erigène ait, chaque année, aux princij)ales fêtes de TEgiise, notamment à Pâques, offert au monarque un tribut de sa muse; car bon

1. « Nullum peccatum est quod non se ipsum puniat, occulte tamen in hac vita, aperte vero in altera, quae est futura. (C. XVI, § 6.)

2. De dlvisione nat. (1. V., c. 29), où l'on trouve aussi ces lignes : ^i Lbi Judas Salvatoris nostri proditor torquetur?Nuniquid alibi nisi in sua polluta conscientia, qua Dominum tradidit? »

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