‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 167 sur 263 · Yoy. plus haut, p · texte numérisé non relu

Yoy. plus haut, p

6. Quelque peufacile qu'il soit aujourd'hui de distinguer avec certitude ce qui appartient à Florus de ce qui appartient à l'ouvrage fondamental de Bède.

[269.] OUVRAGES TIIÉOLOGIQUES. POÈMES 207

une à une en s'appiiyanl sur la ßil)lo, comme aussi sur les écrits des Pères. Ces deux écrits, celui de Florus cl ndni de Prudence, offrent encore ceci d'intéressant qu'on voit apparaître en eux, pour la première fois, au moyen âge projjrementdit, latliéologie en lutte avec la philosophie; celle lulle devient des plus violenles, dès le déhut. Éri^^ime, comun? il s'en vante lui-même et comme Je dit aussi Florus dans la préface, lutte avec des raisons humaines et philosophiques, vu qu'il ne s'appuie point sur l'autorité de la sainte Écriture, ni sur celle des Pères : c'est donc avec raison que les théologiens ne le regardent pas comme un des leurs.

Pour nous, qui nous occupons ici de l'histoire générale de la littérature en Occident, Florus n'a de valeur directe que comme poète. C'est plus, en eiïet, qu'un versificateur ordinaire ; il a le souffle du g'énie poétique, ainsi qu'en témoignent non seulement l'aisance facile de ses vers métriques, mais même quelques poèmes, parmi ceux qui nous restent et qui sont vraiment pleins de mouvement. Le plus remarquable, comme aussi le plus intéressant, parmi eux, est un poème polilique en cent soixante-douze hexamètres, sous ce titre : Qiierela de divisione imperii po8t mortem Ludovici pii. Florus, comme du reste le clergé, le haut clergé notamment, tenait pour Tunité de l'empire ; aussi trouve-t-il ici des expressions éloquentes et saisissantes pour nous dire la douleur vraiment profonde que lui cause la décadence de la création de Charles le Crand. « Montagnes et collines, » s'écrie-t-il au début, « forets, tleuves et fontaines, rochers escarpés et vallées profondes, pleurez la nation des Francs, qui, élevée autrefois par la munificence du Christ à l'empire universel (zm/^mz^m), gît maintenant sur le sol, couchée dans la poussière! (1). » Les éléments doivent ressentir de la douleur et plaindre les hommes, parce que les cœurs des hommes sont glacés. Partout gronde le fléau de Dieu ; la désolation règne partout; le lien de la paix est entièrement mis en pièces par une haine implacable: tout l'orne-

Page 1