Dans Fabricius, /.c, p. 728 sq
2. Dans Migne, n° 3. Ces martyrs jouent aussi un rôle dans les mystères du moyen âge.
3. Ainsi que le croit également Dümmler, op. c, p. 298, saint Agobard ne saurait, en aucun cas, être l'auteur de ce poème.
4. Excerpta llhri revclationum, quae Audradus Modicus scripsit, dans Du Ghesne, Historiae Francor. Scriptores, tom. II, Paris, 1636, p. 390 sq. ; — Hincmari opiiscidiim de fonte vitae, ex ms. cod. Abbatiae Floreffiensis. Leyde, 1692, dans Veterum aliquod Gallian et Betg'd scri[)tor. opusculn sacra, numquam édita, etc. (Edité par Cas. Ourlin, qui attribue à tort le poème à Hincmar); — Histoire littéraire de la France, tom. V, p. 131 sq.; — Dümmler, iV. A., p. 295 sq.
302 AUDRÄDE [273-4.]
lïients(l). Ces révélations sont des visions que l'auteur prétend avoir eues, et dans lesquelles le « Seigneur » lui apparut luimême. Elles ont un but ecclésiastique et même une signification toute remplie d'actualité. Dans l'une (c. 8 et 9), le « Seigneur » demande compte à Louis le Débonnaire de la discorde qu'il a semée parmi ses fils et qui a causé beaucoup de mal aux fidèles; mais il approuve l'élévation de Charles le Chauve au préjudice de Lothaire, et il exhorte le premier, de même que Louis le Germanique et le fils de Lothaire, Louis, roi d'Italie, à remettre les églises en leur ancien état, à donner aux monastères les chefs qui leur conviennent (2), et à défendre à tous ses sujets le pillage et l'oppression de ces mêmes monastères. Entre les trois rois doit régner une paix éternelle. Au lieu de retourner leurs armes contre eux-mêmes, ils doivent s'efforcer de vaincre les infidèles et de conquérir leur pays; à chacun d'eux, il assigne, comme guide, « un prince de TEglise » ; h Charles le Chauve, saint Martin; saint Paul à Louis le Germanique, et saint Pierre au roi d'Italie. Le seigneur prophétise en même temps à Charles que, à cause des malheurs qui, par sa faute, ont frappé l'Eglise, il sera, l'année suivante^ déshonoré par ses ennemis pendant la campagne de Bretagne ; mais qu'il en reviendra la vie sauve. Il est ici fait allusion à la défaite du 22 et du 23 août 8ol, défaite qui força en effet le roi à une fuite honteuse et secrète (3). Audrade fait ensuite le récit (c. lo) d'une autre vision qu'il eut en 853, à sa demande même et d'après le désir de son archevêque; elle a pour but de faire annuler l'élection d'un clerc, antipathique à tous deux, que le roi avait nommé à Tévêché de Chartres : Audrade fait maudire, parle « Seigneur » qui lui apparaît, le jour de Tordination de ce clerc. Mais Charles le Chauve se laissa d'autant moins effrayer de cette vision, qu'il avait tenu la précédente
1. Cap. 8, 9, 15, 18, 24. Le manuscrit, qui appartenait à Sirmond, a disparu.
2. (( ... Et ecclesias meas restitueris in statum suum quo ordinavi eas, et unicuique ordini congruum suae religionis restitueris caput (cet ordre est certainement dirigé contre les abbés laïques) et ordini unicuique propriam legem tenere feceris. »
3. Voy., là-dessus, Dümmler, Geschickte d. ostfrœnk. Reichs, vol. I, p. 333.