V. Sickel, op. c, p
2. V. le poème dans Mabillon, Vet. Analecta, Paris, 4723, p. 423.
3. On ne saurait penser à Haimon d'Halberstadt, comme on l'a fait à tort ; déjà depuis 840, il était évêque de cette ville allemande, et le poème à Hildebold fut écrit avant 857, vu que ce dernier mourut à cette date. Or, comment Heiric aurait-il pu, avant l'âge de seize ans, étudier non seulement à Ferrières, mais encore en Allemagne, et cela dans la ville reculée de Halberstadt, tandis qu'il était moine à Auxerre ! Plusieurs, comme Kaulich, comme Prantl dont les ouvrages sont pourtant si remarquables, le^ font même étudier à Fulda, auprès de Haimon (ce serait donc même avant d'avoir encore vu le jour !) et font, de Haimon, un disciple de Raban, tandis qu'il a été son condisciple chez Alcuin : c'est Prantl qui émet ce dernier avis.
4. DansPertz, Archiv, f. ältere deutsche Geschichtskitnde, yo\. X. p. 333 sq.
316 HEiRic [286-7.]
pseudo-aug-ustinionnes et Martianus Gapolla, Hoirie se rattache à Éi'ig'ène, mais non d'une manière absolue; il montre plutôt une certaine indépendance philosophique, en sacrifiant à une direction nominaliste bien prononcée. L'érudition de Heiric s'étendait aussi à d'autres domaines, tels que la chronologie et l'astronomie : c'est ainsi qu'il composa un opuscule sur la position et le cours des planètes, de même que des gloses explicatives, et en partie en notes tironiennes, sur le Liber de temporihus, de Bèdo (1). En outre, il collabora à une histoire des évéques d'Auxerre (2). Quant à ses connaissances philologiques, son poème notamment témoigne qu'il savait la langue grecque, ce qui nous ramène encore à l'influence d'Érigène et de ses disciples, et qu'il possédait l'art métrique. Un savant de cette valeur devait exercer également une grande action comme professeur : il fut considéré plus tard comme un des propagateurs de la tradition scientifique par excellence, comme le maître de saint Rémi, le restaurateur dé l'école -de Reims, si célèbre dans la suite (3). Hucbald, lui aussi, est appelé son disciple. Il mourut, paraît-il, déjà en 876 ou en 877 (4j.
Heiric venait à peine de quitter les bancs de l'école^ comme il le dit lui-même, lorsqu'il entreprit, encore bien jeune, la Yie de saint Germain, Vita S. Germani\ il le fit à la prière du jeune abbé de ce monastère, Lothaire, fils de Charles le Chauve, qui, encore enfant à cette époque, y faisait son éducation. Mais à peine l'ouvrage était-il commencé que Lothaire mourut (860); Heiric le laissa donc de côté pendant quelque temps; et, même après l'avoir terminé en 873, iHiésita long-
1. Que ces gloses proviennent de Heiric, c'est ce qui ressort encore du fait d'avoir été écrites, en partie, en notes tironiennes; ce qu'on ne semble pas avoir observé jusqu'ici, c'est qu'il se qualifie lui-même de connaisseur de cette sténographie, dans le poème qui sert de dédicace à ces Collectanea, écrites elles aussi de cette manière; on y lit v. 15 sq. :
Haec ego tum notidas doctus tractare furaces (?), Stringebam digitis arte favente citis.
2. Gesta episcoporum Antisiodorensivm. V. Wattenbach, Beutschi. Geschehe sq. I, p. 245.