‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 19 sur 263 · V. Vol. I, p · texte numérisé non relu

V. Vol. I, p

4. Les deux acrostiches ont été publiés parHagen, Op^ c, p. 115 et 123; cf. p. 215 et 220.

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que nous en parlons et pour ainsi dire sous forme de supplément. C'est sa Correspondance, dont la majeure partie a un caractère tout privé, quoique plusieurs de ses lettres fussent, il est vrai, plus ou moins destinées à une plus grande publicité. (Les traités, édités sous forme de lettre, n'entrent pas ici en ligne de compte.) De bonne heure, on en fit des recueils dans le but, non exclusif assurément, de les faire servir de modèle pour le style épistolaire ; et c'est ainsi que ces lettres ne tardèrent pas à pénétrer, sous forme de recueil, dans le domaine de la littérature. Alcuin, nous l'avons déjà remarqué, avait une correspondance des plus étendues ; il ressemblait en cela aux humanistes à venir. Quoique une grande partie de ses lettres soient perdues (1)^ il nous en reste cependant près de trois cents, qui remontent presque toutes à son séjour en France. Le plupart sont écrites de Tours. Ce qui ressort avec le plus d'éclat de cette correspondance, c'est la grande signification de cet homme qui, partout, provoque et anime le mouvement de la culture qui progresse ; on y voit comment son influence s'étend à tout l'Occident, car sa correspondance n'est pas limitée par les frontières de l'empire des Francs ; elle a un champ infiniment plus vaste. Il adresse des conseils ou des remontrances aux rois, comme au pape lui-même ; à des évêques et à des moines, comme aux employés de la cour et de l'Etat; à des amis aussi bien qu'à des étrangers. Il y traite soit des affaires, tant ecclésiatiques et spirituelles que politiques; soit encore des questions les plus diverses, comme aussi de rorganisation des écoles ; ou bien encore ce sont des lettres adressées aux amis qui l'entourent, d'une nature purement confidentielle, destinées à suppléer à la conversation orale; on y entend parler le Mentor qui s'efforce de porter ses élèves à la vertu.

Parmi ce grand nombre de lettres, qui, presque toutes, quoique à des degrés divers, ont de la valeur au point de vue de l'histoire de la civilisation, l'on peut, à première vue, former trois groupes principaux. Le premier, dont le nombre est considérable, se compose de celles que l'auteur envoya dans l'An-

\. V. Sickel, Alcuinstudien I, l. c, p. 466.

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gleterre, sa pairie; ce sont priiicipalemenl les plus anciennes de tout le recueil, et elles datent, pour la plupart, de l'époque où Alcuin séjournait encore à la cour de Gharlemaf^ne. Les affaires des Anglo-Saxons en forment le sujcît : elles njonli vni , d'une part, l'amour véritable qu'Alcuin avait conservé ix.nr sa patrie et son pays, et, de; l'autre, la grande estime dont il jouissait parmi ses compatriotes. Dans ces missives, l'aiitrur joue parfois le rôle de Gildas, qu'il cite deux fois (i); il exhorte à la concorde les princes et les grands envers If^s Danois, leurs ennemis ; il leur recommande, à eux et au clergé, depratiquer la vertu et de veillera Téducation morale du peuple, s'ils veulent échapper au jugement de Dieu. C'est également ce (ju'avait fait autrefois, mais sans succès, le Celte Gildas en faveur de ses compatriotes opprimés par les Anglo-Saxons. Alcuin s'élève notamment, à plusieurs reprises, dans ces lettres, contre le vice héréditaire de l'ivrognerie, sans passer néanmoins sous silence les autres défauts, comme, par exemple, le luxe des habits parmi le clergé anglo-saxon (2), défaut dont il ne sut pas, à ce qu'il semble, se préserver complètement lui-même (3). Relevons encore ici une lettre de félicitations (Ep. 72) adressée à l'arclievêque d'York, Eanbald II, son élève, récemment intronisé, dans laquelle il lui trace le programme de ses nouveaux devoirs et où il lui recommande spécialement les intérêts de l'école, en lui promettant de l'assister de ses conseils. Quelques-unes de ces lettres nous montrent aussi, dans Alcuin, lemédiateur diplomatique entre sa nouvelle et son ancienne patrie.

Un deuxième groupe, bien plus important, comprend sa Correspondance avec Charlemagne. C'est là que nous voyons, de la manière la plus frappante, les rapports intimes de ces deux grands hommes, l'attachement plein d'allection d'Alcuin pour son royal élève, dont il ne cesse d'admirer l'amour de

I.V. Ep. 28 (p. 206) et Ep. 86 (p. 371) où il dit : « Discite Gyidiim Brittonom sapientissimum ; et videte, ex quibus causis parentes Britlouum perdidenint regnum et patriam ; et considerate vosmetipsos, et in vobis pcne simiiia invenietis.

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