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l'étude et l'étendue des connaissances, sans tomber dans la flatterie, quoique ses expressions trahissent le langage de la cour. C'est à bon droit qu'il exalte Charles et qu'il lui fait un mérite d'encourager, par des récompenses et par des honneurs, les progrès de la science et de réunir autour de lui, en les faisant venir des contrées les plus diverses, ceux qui les aiment et les cultivent (Ep. 170) ; il reste dans le vrai, en le louant de ses eff"orts pour améliorer et relever le peuple, et pour répandre le christianisme (Ep. 78), ou bien encore en lui faisant le compliment qui suit : Sapienter inttrroc/are^ docere est (Ep. 241). Cette correspondance avec Charlemagne est, avant tout, d'une nature scientifique; elle est destinée, en quelque sorte, à continuer les leçons orales d'Alcuin, qui avait quitté la cour. Charles lui adresse des questions qui embrassent tout le domaine de la science, l'astronomie notamment; il veut avoir des éclaircissements sur les points en particulier que ne peuvent pas lui expliquer les savants qui l'entourent, ou pour lesquels ils ont une opinion différente de celle de son ancien maître- C'est Alcuin qui décide en dernier ressort, même lorsque d'autres adresssent des questions scientifiques soit à Charles, soit à son école (v. par exemple, Ep. 239). Dans ses lettres au roi, Alcuin traite également les affaires importantes, soit ecclésiastiques, soit politiques, comme par exemple, la conversion des Avares vaincus, la situation du pape Léon, le nouvel Empire. Les lettres à Arno, archevêque de Salzbourg, ami intime d'Alcuin et son ancien élève, composent le troisième groupe. Il nous en reste trente ou quarante environ, et toutes, jusqu'à une^ datent des dernières années de Fauteur, de l'an 796 à 804. Cette correspondance est de toutes la plus intime. Alcuin donne à la tendresse qu'il a pour cet ami de cœur une expression biblique, pleine d'élan, emphatique même, laquelle nous montre bien l'estime qu'il faisait d'une telle amitié fraternelle (v. notamment Ep. 134) (1). Dans ces lettres, l'auteur se révèle comme le fidèle conseiller d'Arno, pour toutes les affaires im-
1. Voici le début de cette lettre « Aquilae in ter omnes Alpine celsitudinis aves carissimo Albinus salutem. 0 si mihi translatio Abacuc esset concessa ad te : quam tenacibus tua colla strinxissem, o dulcissimefîli, amplexibus;