‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 21 sur 263 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

portantes, pour sa vocation d'éveque-missionnaire, pour sa charge de supérieur du couvent, pour les questions do^nnatiques ou liturgiques : les réponses d'Alcuin prennent ellesmêmes les proportions de petits traités. Il le soutient par Tenvoi de livres et échange des cadeaux avec lui, malgré la dislance qui les sépare. Arno était en même temps l'intermédiaire des relations amicales entre Alcuin et Paulin d'Aquilée séparés l'un de l'autre par une distance encore plus grande.

A côté de ces trois groupes de lettres, nous en trouvons de moins importants, comme aussi d'autres lettres qui sont isolées, carie nombre des destinataires est passablement grand. En général, elles sont rédigées dans un bon style ; l'expression en est claire et naturelle, sans emphase comme sans prétention ; mais les mieux écrites, en prose comme en vers, sont celles qu'il adresse à Charlemagne. C'est là qu'on voit comment Alcuin savait écrire, quand il voulait s'en donner la peine.

L'influence personnelle d' Alcuin ressort, en grande partie, de ses lettres : or, s'il a plus contribué par cette influence que par ses productions littéraires à la nouvelle renaissance que prit la littérature universelle, il est vrai de dire néanmoins que lesdites productions n'ont pas peu aidé à ce mouvement scientifique etqu'eWes l'ont déterminé dans son développement postérieur. Non seulement Alcuin a contribué à ce mouvement par ses travaux philosophiques et dogmatiques et par ses commentaires sur la Bible, qui, en servant de modèle pour les temps à venir, ont étendu leur influence jusque sur les littératures nationales, mais il a surtout, et d'une manière plus remarquable encore, influé sur son siècle par ses poésies, sans être lui-même un génie poétique. Dans ses poésies d'occasion, sous forme soit d'épître, soit d'épigramme, comme aussi dans ses élégies pastorales, et, en partie, dans son poème épique sur les célébrités de sa patrie, il a donné, en elFet, des modèles d'une poésie purement profane, qui rappelait directement les classiques latins^ principalement Yirgile et Ovide, sur lesquels il s'était formé.

nec me longitude aestivi diei fessum efficeret, quin minus premerem pectus pectore, os ori adjungerem. donec singulos corporis artus dulcissimis oscularer salutationibus. »

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