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CHAPITRE DEUXIÈME PAUL DIACRE

L^émancipation de la littérature de la domination spirituelle, se montre en même temps à nous, à la cour de Charlemag-ne, sous la plume d'un autre auteur, et c'est de cette émancipation que résultait essentiellement cette nouvelle renaissance. Or, ici encore, elle a son point de départ dans l'école, non plus dans celle des Anglo-Saxons, mais bien dans celle des Italiens. Malgré cela, son principal représentant est aussi un auteur Germain d'origine : c'est le célèbre historien des Langobards, Paul, appelé généralement, d'après son rang, Paul Diacre (1). Fils de Warnfrid, il naquit dans la troisième décade du vm" siècle; il était par conséquent un peu plus âgé qu'Alcuin. Son pays d'origine était le Frioul, et il descendait d'une noble

1. Pauli historia Langobardorum in Monumenta GeYm. hist. Script, verum langobard. et italic. Saec VI-IX. in-4 (Praef.) (également in usum scholarum), Hanovre, 1878; — Historia romana in Monum. Germ- hist. Auctorum antiquissimorum, tom. II : Eutropi breviarium cum version, graecis et Pauli Landolfique additamentis rec. et annot. H. Droysen, Berlin 1879, iPva.et); — Gesta episcoporum Mettensium m Monum. Germ. hist. Scrip., t. IL p. 260; ~.Vita S. Gregorii M. in Mabillon, Acta S. 5. ord, Bened. Saec. I.; — Homiliae m Marlene et Durand, Veterum scriptor. collectio, tom. IX. et in Tosti, Storia di monte Casino; — Carmina Pauli et Pétri diaconorum in Poetae latini aevl Carolini, tom. I, p. 27 sq. ; — Bethmann, Paulus Diaconu' s Leben und Schriften, unddie Geschichtschreibung der Longobarden, les deux dans Pertz, Archiv der Gesellsch. für aeltere deutsche Geschichtskunde, vol. X, Hanovre, 1851 ; — Bahn, Paidus Diaconus, L Abtheihmg., Leipzig, 1876; — Hartel, Eutropius und Paulus Biac. in Sitzungsber. der phil. hist. Gl. der Wiener Akad., Vol. LXXI. 1872; — Bauch, lieber die Historia romana des Paidus Biac, eine Quellenuntersuehung, Goettingen, 1873 ^Dissert.) ; — Droysen, Bie Zusammensetzung der Historia rom. des^ Paul. Biac. in Forschungen zur deutschen Geschichte^ vol. XV; — Jacobi, Bie Quellen der Langobardengeschichte des Paul Biac. Halle, 1877 ; — Mommsen, Bie Quellen der Langobardengeschichte des Paul Biac. in Neues Archiv der Gesellschaft f. aeltere Geschichtskunde, vol. V, V. p. 51 sq. ; — Duemmler, N. A., p. 102 sq.

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race langobarde. En conséqiionco, il fut élevé à la cour rovale de Pavie. Flavien fut son principal maître. Ainsi (|uc ses ouvrages en font foi, son éducation était excellente pour (!flt»' époque; il avait notamment appris aussi la langue grecque, Paul, qui sous le règne (744-49) et par l'inlhience {{) du roi Ratchis, lequel descendit lui-même du trône pour entrer dans un cloître, avait échangé l'habit laïque contre l'habit ecclésiastique, entra dans d'étroites relations avec la maison rovale de Desiderius (7o6-774); il devint notamment le précepteur de sa fille Adelperga, épouse du duc de Bénévent, Arichis, auqu(d il voua, avec un égal attachement, une affection d'autant plus grande peut-être que sa famille était également originaire du Frioul. C'est à sa cour, notamment après la chute du royaume de Pavie, qu'il trouva une seconde patrie, en mettant son talent littéraire au service de ce couple princier et d'une éducation si haute. Malgré cela, et peut-être à la suite de la chute de sa patrie qui lui fut si sensible (2), il se retira dans le monastère du Mont-Cassin. Mais une circonstance particulière le rappela de nouveau dans le monde, pour plusieurs années, et le mit en rapport avec Charlemagne. Il paraît que le frère de Paul, Arichis, avait pris part, lui aussi, en Fan 776, à un soulèvement contre les Francs, en Frioul ; il avait, en tout cas, été emmené prisonnier par eux, et sa fortune, ainsi que celle de toute la famille, avait été confisquée (3). Charlemagne, après son retour en Italie, en 781, s'élant montré clément envers les Langobards, Paul en prit occasion pour lui adresser, l'année suivante, une supplique^ sous forme d'élégie : il y priait l'empereur de vouloir bien rendre la liberté à son frère et la fortune à sa famille. Charles n'accéda pas sur-le-champ, il est vrai, à

1. C'est ce qui semble ressortir des vers composant l'épitaphe de Paul :

Omnia sophiae carpisli carmina sacrae, Bege monente jno Ratchls, penetrare décanter.

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