‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 210 sur 263 · I.''^^l"2.1 RYTHMKS TIlOCIlAÏnLKS X)'A · texte numérisé non relu

I.''^^l"2.1 RYTHMKS TIlOCIlAÏnLKS X)'A

Si nous jetons enfin un coup d'œil d'ensembli; sur la poésie profane ryllimique de cette période et de celh» (pii lu précéda, nous trouvons d'abord les nationalités les plus diverses représentées par les auteurs de ces poèmes : Romans, (iermains (A). et Irlandais. Les Irlandais sont : Ilibernicus exul, et Séilulius(l); les Germains pur sang sont: Rahau, Gottschalk, peutêtre aussi Fauteur de la Passion attribuée à Éginbard rt l'auteur de la complainte de l'abbé Hugo ; avec cela, nous savons du moins que l'anglo-saxon Alcuin a composé de tels poèmes (2); les Germains romanisés sont : le langobard Paul Diacre, le franc de l'ouest Angelbert et peut-être aussi l'auteur de la satire contre Angers. Les Romans sont : Pierre de Piso, Paulin d'Aquilée, et le Vénitien qui composa le pamphlet contre cette ville. Nous avons vu, en outre, que la poésie rythmique fut seule en Espagne et qu'elle y fut longtemps cultivée (3). Les auteurs que nous connaissons sont ou des savants ou des clercs, mais tous témoignent d'une éducation plus ou moins scientifique. Nous voyons, de plus, que quelques-unes de ces poésies rythmiques n'ont point un fond populaii'e et ne s'adressent pas non plus au gros public, par exemple : le poème Amébée de Paul Diacre et de Pierre de Pise, les poèmes des deux Irlandais et les chants de Gottschalk. Aussi la forme rythmique populaire ne semble- t-elle employée que par manière de plaisanterie, et c'est précisément avec de tels poèmes qu' Alcuin faisait les frais des passe-temps de laTable ronde de Charlemagne. Sans parler de ces poèmes d'un caractère exclusif, nous pouvons, sous le rapport du fond, distinguer les catégories suivantes : l"" Chants de guerre, comme celui de la victoire de Pépin sur les Avares et celui de la bataille de Fontanetum : le premier, un chant de triomphe; le deuxième, un chant de deuil : 2" Planctus, chants de deuil, comme ceux qui déplorent

A. Germains en partie romanisés et, en parue, Germains pur sang.

1. A eux vient encore se joindre Dicuil : V.je dernier chapitre, p. 428 sq.

2. C'est ce que prouve notamment un passage des poèmes de Théodulpiie (I. III, c. 1, V. 136), où, dans la description delà conversation tenue à la table de Charles (v. plus haut, p. TU sq.), il est dit d^Alcuin : u Et solvat numcri vincla lavente joco ».

Page 1