‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 23 sur 263 · Ainsi que l'admet Dahn, p · texte numérisé non relu

Ainsi que l'admet Dahn, p

3. C'était sans contredit l'héritage de ses pères. Qu'il ne soit pas question seulement, en effet, des biens d'Arichis, ainsi qu'on l'admet généralement, c'est ce qui ressort de la manière dont Paul s'exprime dans sa supplique :

Conjux est fratris rebus exclusa patcniis, Jamque sumus servis rusticitate pares, Nobilitas periit miseris, accessit egestas.

sa demande, du moins en ce qui concernait la liberté de son frère; mais il attacha Paul à sa cour, en sorte que ce dernier y fit un séjour de plusieurs années, à partir de 782, jusqu'en 786 au plus tard (1). Il s'intéressa aussi, auprès de Charles, au sort des autres prisonniers, ses compatriotes. Non seulement il contribuait., en qualité de poète de la cour, et en société d'un autre Italien, à la récréation esthétique de Charles, mais il employait en outre son activité d'écrivain au service de l'empereur, quoiqu'il n'ait achevé que plus tard, dans son monastère, le recueil d'homélies que nous avons déjà mentionné (2). Paul fut, en même temps, professeur de grec à la cour; c'est lui qui enseigna cette langue surtout aux ecclésiastiques qui devaient accompagner plus tard à Constantinople, Rotrude, fille de Charlemagne,, fiancée en 781 au prince royal de Byzance.

Néanmoins, Paul se sentait de nouveau fortement attiré vers le cloître et sa vie contemplative ; ses pensées n'avaient pas d'autre objet. C'est ainsi qu'en 787, nous le retrouvons au Mont-Cassin, où il jouissait de la plus haute estime,, à cause de sa piété, de son affabilité et de son érudition; son talent littéraire y forma maints élèves très distingués (3). C'est au monastère lui-même qu'il consacra alors son activité infatigable de littérateur, en expliquant la règle de saint Benoît et composant des homélies ; c'est également en ce temps-là qu'il écrivit son ouvrage célèbre, l'histoire de son peuple. La mort vint le surprendre au milieu de ce travail, probablement dans les dernières années du vnf siècle.

Les ouvrages de Paul Diacre se divisent en trois classes : 1** Ouvrages historiques; 2° ouvrages de théologie pratique ; 3° ouvrages poétiques. La plus importante des trois est la première, qui renferme aussi le plus ancien des ouvra-

1. En 787, Paul était sûrement de nouveau en. Italie (v. Dahn, p. 55) ; c'est en novembre 786 que Charles alla lui-même dans ce pays. V. Abel, Jahrbücher des fränk. Reichs unter Karl. d. Gr., Berlin, 1866, I, p. 461.

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