RUDOLF
théologique (1). Ensuite, Candidus parle avec précision des constructions importantes que fit exécuter Eigil; ni l'âge, ni la maladie ne purent l'arrêter dans ce genre d'entreprises. Il partageait donc le goût des constructions de son prédécesseur, mais il prenait le contre-pied de ses procédés, en ne commençant rien que de concert avec ses moines, avec lesquels, du reste, cet homme doux el lettré vivait dans un accord des plus parfaits (2).
Ce champ do l'histoire a été encore particulièrement cultivé par un autre moine de Fulda, lequel s'est distingué aussi comme annaliste. C'est Rudolf, qui était, lui aussi, un disciple de Raban et qui enseigna à Fulda (3). Les annales de Fulda, en parlant de sa mort, en 86o, disent de lui qu'il était un savant célèbre, surtout un historien, mais aussi un poète (4) ; cependant, aucune de ses poésies n'est parvenue jusqu'à nous. Mais ses ouvrages historiques nous témoignent de sa remarquable culture scientifique; on vante surtout en lui, et à bon droit, la pureté et la clarté d'expression (o). Nous ferons remarquer plus loin les relations étroites qu'il eut avec son roi, Louis le Germanique.
Rudolf composa tout d'abord, et sur Tordre de son « abbé » Raban (6), la vie de sainte Lioba, abbesse de Rischofsheim.
i . C'est à ces discours que se rapporte le passage de la préface, qui débute ainsi : «In quibus (libris) nimirum Ludovici serenissimi Augusticlementiam circa nos factam reverenler expressi. cujus commonitionem atque doctrinam etsiita ut ah eo prolatae sunt, ad integrum explanare nequivi', etc. Wattenbach ne semble pas avoir remarqué ce passage, quand il dit : a Là dessus, l'auteur s'essaie dans de longs discours que, d'après l'exemple de l'antiquité, Ton considérait comme absolument nécessaires. »