‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 223 sur 263 · Cf. aussi VitaVillehadi^ r · texte numérisé non relu

Cf. aussi VitaVillehadi^ r

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de Munster. C'est ainsi que Liudger, soit comme professeur, soit comme ecclésiastique, déploya une activité extraordinaire et fut comblé de bénédictions.

Dans les deux livres qui traitent des miracles, il n'y a guère que rintroduction qui nous intéresse : l'auteur y avoue que le ministère de la prédication évangélique et lillumination du cœur de la multitude sont certes préférables à l'opération des miracles et à la manifestation des signes (1). Aussi ne donne-t-il, pour ainsi dire, les miracles que comme appendice. Ici même l'auteur fait preuve de la haute éducation, dont le premier nous fournit le meilleur témoignage, par le fond, intéressant au point de vue de l'histoire, ainsi que par le style, remarquable de simplicité et de clarté.

L'activité qui régna dans les missions importantes du nord de la Germanie, et qui eut pour résultat la création des évêchés de Brème et de Hambourg, nous est retracée, dans deux Vies se rattachant au nom du premier archevêque de Hambourg, Ansgar, en tant qu'il est l'auteur de l'une et le héros de l'autre. La première est la vie de Willehad, Vita Willehadi [2] ^ un Xorthumbrien, disciple d'Alcuin, lequel, comme beaucoup d'autres anglo-saxons, vint en qualité de missionnaire dans le pays des Frisons, au commencement de la huitième décade du yiif siècle. Il y travailla avec un succès qui ne fut pas constant : l'imprudence de ses élèves en effet gâtait de nouveau les fruits qu'avait produits sa prédication et elle le mit lui-même dans un grand danger de perdre la vie. Après dix ans environ, Charlemagne appela ^Yillehad à la mission de Wichmode, en Saxe; mais la révolte de Widukind mit bientôt fin à son activité : ce ne fut qu'après le baptême de ce guerrier, qu'il put retourner à sa mission. Mais Charles le fit sacrer évêque de Worms. Willehad fixa sa résidence à Brême^ où il

1. <( Quamvis praeponendum sit ministerium evangelicae praedicationis et raultorum illuminatio cordium operationibus miraculorum östensionibusque signorum,ad honorem tamen largientis Domini stilo alligari fecimus, quae ab eodemsanclo viro facta recolimus, » I. Ilinit.

2. Ed. Pertz, dans les Munum. Gnirum. histor. script., t. II, p. 378 sq.; — Rettberg, vol. II, p. 451 sq. ; — Dehio, Geschichte des Erzbisthums Hamburg- Bremen bis zum Ausgang der mission. (Vol. I. Berlin, 1877, p. 12 sq.), und Kr it. Ausführungen lll.

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bâtit une église d'une <( beauté merveilleuse, » en sorte (|ir.)ii peut dire que ce fut là le premier début de l'évéché d(» Hréme. Malbeureusement Willehad mourut deux ans apri-s, en 789. Cette Vie, écrite dans un style facile et allrayaul, ne fut composée qu'après 838, car il y est fait mention (c. il) du successeur de Willebad, Willeric, comme étant déjà mort (1) : elle le fut pourtant, à tout le moins, avant 8G0, épocpie de la translation des restes du saint, par Ansgar, dans la nouvelle basilique, vu qu'il n'y est point parlé de cette translation, quoiqu'on y trouve mentionnée une translation antérieure faite parTévèque Willeric. A la lindela Yie, l'auteur se plaint de ce que de nombreux miracles opérés au tombeau du saint, aussi bien à un endroit qu'à l'autre, n'aient pas été enregistrés. Deux événements prodigieux, arrivés à Brème, auraient seuls jusques-là « manifesté divinement » la gloire du saint : sa crosse et son calice étaient restés intacts au milieu de plusieurs incendies.

Cette Yie est immédiatement suivie d'un petit livre où sont relatés « les vertus et les miracles du saint, virtiites et m'iracula^ qui eurent lieu dans l'église de Brème. » Il ne s'agit toutefois que de ceux qui arrivèrent en l'année 860(2), année du reste où ces miracles, comme le dit l'auteur, commencèrent à se produire. C'est un nombre considérable de guérisons, notamment d'aveugles et de 'paralytiques, avec indication, pour tous, du nom et de l'origine. En terminant, il y esl encore fait mention de la translation des reliques du saint, qui eut lieu par les soins de l'auteur (3). Or, dans une lettrepréface, où la communication des miracles se trouve juslifiée, c'est Ansgar, évêque de Brème, qui se fait connaître lui-même, et dans une forme tout à fait officielle, comme étant l'auteur du livre. Si nous ne nous trouvons pas en présence d'une fal-

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