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et la détruisirent. C'est à peine si Ansgar parvint à sauver sa vie avec les reliques. Deux ans plus tard, il reçut par contre de Louis le Germanique l'évèché de Brème, auquel on réunit ensuite Hambourg (c. 22). Ansgar reprit donc de nouveau avec zèle son activité démissionnaire, en se rendant lui-même en Danemark et en Suède afin que, par la puissance de sa personnalité, à laquelle les rois mêmes de ces pays étaient impuissants à se soustraire, il donna une vie nouvelle au christianisme dont les résultats antérieurs avaient été presque complètement détruits sur ces entrefaites. Ansgar mourut en 86o, à l'âge de soixante-quatre ans.
La nature de ce saint est double, pour ainsi dire, et merveilleuse. D'une part, en effet, il estimait par-dessus tout la vie contemplative d'ermite et même, étant évêque, aimait à se retirer quelque temps dans la solitude, tandis que, d'autre part, il savait, comme |un missionnaire, développer lapins grande énergie et trouver la plus noble tâche de toute sa vie dans son activité comme professeur et comme prédicateur parmi les païens. Or, cette double nature se reflète aussi dans sa biographie, qui nous relate tout aussi bien ses visions que ses actions les plus importantes. Les premières même nous sont parfois rapportées d'une manière plus complète et plus détaillée par son disciple favori, à qui il les avait communiquées dans la plus entière confiance. C'est en elles que, d'après la manière de voir de Fauteur, devait se révéler, de la façon la plus éclatante et la plus immédiate, la grandeur de son héros. Si ces visions n'offrent qu'un intérêt psychologique, il faut dire par contre que les détails historiques, ceux principalement qui nous font connaître les relations politiques et religieuses du nord de la Germanie, ont une valeur inappréciable, et cette valeur est encore rehaussée par l'ingénuité de la narration et parla simplicité du style.