‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 226 sur 263 · DE L'OUEST · texte numérisé non relu

DE L'OUEST

Dans la France de l'oiiesL, comme nous en avons vu de fréquents exemples, on ne cultiva pas moins co genre historique. Au nombre des ouvrages les plus saillants, nommons d'ahord un des plus anciens, la Yie d'Alcuin, Vita Alcumi{{)', il n'a, il est vrai, d'autre importance que celle d'être Tunique biographie contemporaine de cet homme si influent ; il n'en est digue en efl'et, ni pour le fond, ni pour la forme. Cette Yie a été composée, entre 823 et 829(2), par un moine inconnu, un élève de Sig-ul, qui fut abbé de Ferrières, après Alcuin; elle repose sur des communications (3) de cet élève favori d'Alcuin, qui avait quitté York pour suivre son maître sur le continent. La source où puisa Fauteur était donc bonne à plusieurs points de vue, et pourtant il ne nous a livré, en général, qu'une caricature de son héros. Il ne sut pas le moins du monde reconnaître la signification de ce grand homme. La faute en est aussi certainement un peu à Sigulf lui-même, qui, à l'époque où il faisait à l'auteur ses rapports sur Alcuin, n'avait été encore qu'un ascète : car, dans un âge avancé il déposa sa dignité d'abbé entre les mains de son élève Aldrich, afm de se consacrer tout entier à l'ascétisme. Mais Sigulf était déjà mort à l'époque où écrivit notre auteur, tandis que Aldrich était encore abbé, et ce fut probablement sur son invitation qu'il prit la plume. L'idée qui le guidait dans la composition de cet ouvrage, il l'exprime lui-même dans le prologue. Ce livre doit être une Vie de saint, àm^, la force du terme, et avoir

1. Monumenta Alcuinicma (v. plus haut, p. 17, rem. 1), p. 1 sq.

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