‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 227 sur 263 · D'après Wattenbach, Praef., p · texte numérisé non relu

D'après Wattenbach, Praef., p

3. « Scribam igiturfideUter quae ab ejus fideüssimo tantum didici discipulo, Sigulfo scilicet, institutore meo,... » Prolog.

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pour butrédification. Vouloir imiter les saints anciens, serait, pense l'auteur, chose un peu trop difficile pour son époque, c'est pourquoi l'on doit plutôt prendre modèle dans celui-là même : Alcuin, en effet, peut servir d'exemple aux chanoines, tout comme Benoît (d'Aniane) aux moines. Toute la narration est dominée par cette tendance. L'ancien abbé de Tours, qui avait, lui aussi, des accès d'ascétisme^ doit être glorifié ici comme sa-int. Il n'est question, en détail, que de sa vie en Angleterre et à Tours, tandis que son séjour à la cour de Charlemagneest réglé en quelques lignes. L'auteur lui prête assez naïvement des visions^ des prophéties, qui s'expliquent avec la plus grande facilité d'une manière naturelle, et même des miracles (c, 12). Par contre, il le représente comme un contempteur des poètes païens et de Virgile en particulier (1), à une époque où Raban étudiait la métrique auprès de lui! (2). Cela cadrait bien, il est vrai, avec la tendance pieuse de l'ouvrage. La doctrine d'Alcuin n'est pour Fauteur qu'une doctrine pieuse « doctrina pia » ; aussi ne recommande-t-il ses écrits que comme édification (c. 12). La narration, assaisonnée parfois d'exclamations pieuses et de méditations dans un style sans netteté, montre aussi le peu de culture intellectuelle de

1. C'est le fameux passage du c. 10. : « Legerat isdem vir Domini (Alcuin) librosjuvenis antiquorum philosophorum Virgiliique mendacia, quae nolebat jamipse nec cmdire neqiie discipulos sues legere; sufßciunt, inquiens, divin i poetae vobis, nec egetis luxuriosa sermonis Virgilii vos pollui facundia. » De ce passage on a tiré les plus grandes conséquences, sans considérer le caractère du livre, ni celui de l'écrivain. L'historiette, à laquelle se rattache ce propos d'Alcuin, doit être apparemment interprétée en disant que Siguif, avec les élèves de son école, lisait Virgile dans un temps inopportun et que la règle destinait à d'autres occupations. Alcuin ne fit que combattre ce culte exagéré de Virgile, comme ille fait dans sa lettre à l'archevêque Ricbod (Ep. 216, éd. Jafîé); la manière plaisante dont il le fait dans cette lettre, montre au mieux comment Alcuin, même à cette époque, aimait son Virgile, dont les mythes attrayants étaient qualifiés traditionnellement, dans le langage chrétien, de mendacia, ce qui devait prouver qu'on n'y croyait pas. Le moine borné a étrangement exagéré, dans le passage ci-dessus ; d'ailleurs, un autre passage de la Vie nous le montre bien : il y est dit (c. 4.) d'Alcuin encore jeune et à York : « Hac autem insignitura virtute Albinum mira cum pietate veneremur, qui noiuit absincium saemiaris litteraturae nosse !! » — Sapienti sat!

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