Cf. plus haut, p
4. W la lettre deLouisdans .Migne, "p. c, t. lui, p. 1326 S'j.
[349-50.] TllANSLATlO S. IlLIKlCHTl 383
do Paris, matériaux par CunséqiieiiL de la bio^rapliiu iUt sainl Denis de Paris.
Hilduiii commence donc, dans le seulbul d'expli(iiiri \r surnom d'Aréopagite, par parier d'Athènes, cl d»- la prédication de saint Paul dans cette ville ; il nous dit comment Denis devint son élève, après avoir été pendant trois ans, à partir de cette prédication, son compagnon inséparable. Là-dessus, il traite de ses écrits, séparément et dans une série de chapitres, etil en indique succinctement le contenu. Après la movi du prince des apôtres, continue llilduin, Denis, qui avait déployé son activité en Orient, va à Rome et reçoit du pape Clément Tordre de convertir la Gaule. Suivi de quelques compagnons il se rend dans ce pays, débarque au port d'Arles et se rend à Paris où il annonce l'Evangile avec le plus grand succès et où il bâtit la première église. Mais ses adversaires païens le dénoncent pour ce fait auprès de Domitien qui, irrité de ces progrès du christianisme, ordonne une persécution générale (les chrétiens et envoie un préfet spécial pour persécuter le saint. Vient ensuite la Passion de saint Denis, racontée d'une manière exagérée, telle que nous la rencontrerons plus tard dans les Mystères français qu'on lui consacre : le saint est d'abord flagellé, rôti ensuite sur un gril et ainsi jeté en pâture aux bêtes féroces, qui le méprisent, grâce au signe de la croix. Il est mis après cela dans une fournaise ardente, dont le feu s'éteint; on le soumet en outre à de nouvelles tortures et Ton finit par le décapiter. C'est là que se place le miracle, relaté ici pour la première fois, si toutefois il n'a pas été inventé par Hilduin, d'après lequel le saint fit encore presque deux lieues, la tète entre ses mains, avant d'arriver à l'endroit où il voulait
reposer pour toujours.
LaFrancedel'ouestaaussi, dans cette période, maintes translations à nous offrir, et, parmi elles, quelques-unes présentent un certain intérêt historique : telle est, par exemple, la translation de saint Philibert, Translatio saiicti Filibcrti, par Ermentarius(I). L'auteur était un moine du couvent de Uer-
1. Dans Mabillon: Ada SS. ord. S. Bencd.Saec. IV, pars i. p. 510 sq. : Histoire litt, de la France L V, p. 315 sq.
384 ERMENTARIUS [3o0-l.]
montier^ où se trouvaient les restes du saint ; il les accompagna dans leur translation, en sorte que c'est comme témoin oculaire qu'il écrit. Yingt-cinq ans plus tard, vers l'an 860, il devint abbé de cette communauté de moines errants, qui n'avaient encore pu retourner dans leur monastère. Il mourut environ cinq ans après.
L'histoire de la translation se divise en deux livres, parus séparément, et même à une distance de plus de vingt ans. Le premier, dédié à Hilduinde Saint-Denis (1), est composé entre 836 et 840 ; le deuxième, après 863. Cette translation était d'une nature toute particulière : il ne s'agissait pas seulement des reliques, mais du monastère tout entier. Les Normands, en effet, qui, depuis 83o, pillaient lescôtes del'Aquitaine, offraient un danger perpétuel pour le monastère situé dans File de Héri, en sorte que les moines, avec l'assentiment du roi Pépin passèrent sur le continent, au commencement de juin 836, en emportant les reliques de leur saint patron : ils vinrent d'abord s'établir dans le monastère deDéas(aujourd'hui Saint-Filibert) qui leur appartenait également. Cette transmigration, avec les miracles (2), guérisons, merveilleuses pour la plupart, opérées par les reliques, soil en chemin, soit à Déas, forme seule le sujet du premier livre. Le deuxième, bien moins considérable, relate la fuite postérieure des moines à Cunauld à l'approche des Normands, et même leur départ pour Messay, en Poitou, vu que ces pirates hivernèrent quatre ans de suite sur la Loire. Les ravages des Normands forment, dans la préface, une peinture pleine d'intérêt. A la suite des guerres civiles qui accompagnèrent la mort de Louis, ces déprédations prenaient sans cesse une plus grande extension^, ainsi que le rapporte l'auteur en soupirant, et elles ne s'étendirent pas seulement àloute la côte ouest de la France, mais même aux bords