‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 231 sur 263 · iMabillon, /. r., Sacc. IV, pars 2, p. 45 sq · texte numérisé non relu

iMabillon, /. r., Sacc. IV, pars 2, p. 45 sq

[^^*^-] TRANSLATIO SS. r.KOnr.II IT AIRKLn .38î)

aussi ne manque pas d'intérêt sons plusieurs points de vu.'. Comme la précédente, elle est divisée en deux livres. Dans le monastère de Saint-(;eiinain Ton avait apj)ris é-alenienl qu'il « n'était pas très diflicile d'obtenir de Valmce » Ir eorps de saint Vincent. Aussi doux moines de ce monastèrt«, Odilaid et Usuard, se mirent-ils en route dans ce but, en 808, apri-s avoir obtenu l'assentiment de Tabbé et du roi. Mais étant arrivés dans le sud de la France, ils apprennent déjà que h« corps du saint avait été emporté de Valence, quoiqu'on leur ait dit à tort qu'il se trouvait maintenant à Valence, tandis qu'il était détenu à Saragosse. Mais les moines ne veulent pas retourner les mains vides. A Barcelone, ils dépei«^nent leur embarras à un homme de haute condition, qui attin^ leur attention sur les chrétiens récemment martyrisés à Cordoue, sous Abderrahman, notamment sur Georges et Aurèle(i). Ceux-là pourront leuroiïrir un équivalent, quoique cependant on leur conseille de ne pas entreprendre ce voyage si plein de périls. Pourvus toutefois d'une leUre de recommandation du comte de Barcelone pour un « Magnat » maure de Saragosse, ils sont adjoints par celui-ci à une caravane qui va à Cordoue ; ils y arrivent sains et saufs et^ recommandés encore à un chrétien influent, Leovigild, ils atteignent le but de leurs désirs. Le corps de Georges est conservé dans son entier, tandis qu'il manque la tète à celui d'Aurèle : elle avait disparu après son martyre. Elle fut suppléée, chose assez étrange, par la tête de son épouse Nathalie, qui avait été décapitée en même temps que lui et dont on n'avait pas pu retrouver le corps (2). Les moines retournent chez eux, d'abord à la suite de l'armée de Témir Mohamed, qui marche contre Tolède en révolte, sous la protection spéciale de Leovigild ; et, de là, ils gagnent le sud de la France, par Alcala de Henares et Saragosse. Le premier livre ne va pas plus loin. Dans le deuxième,

1. Leur Passion est racontée dans le Mcmorlalr Sanctonnn (v. plus haut q. 332 sq.),l. II, c. 10 comme le remarque Aimoin, 1. 1, c. 9, par Eulogius, dont notre auteur mentionne aussi le martyre.

2. Les chrétiens ne pouvaient aller chercher sur le lieu du supplice les restes des martyrs que la nuit et secrètement : voilà pourquoi ces restes étaient facilement dispersés.

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railleur nous fait lo récit tle la suite de ce voyage, du sud au nord de la France ; il saisit cette occasion pour parler de l'invasion de Louis le Germanique et des pillages de son armée (c. 5 et 10); il parle aussi des miracles opérés par les reliques; vers la fm du livre, il nous dit que le roi Charles envoya un député à Cordouo afm de s'informer, sur les lieux, de la vérité du martyre (1).

Enfin, nous possédons encore deux livres d'Aimoin : De miraculis S. Germani[2). Mais cet ouvrage n'est que lélaboration de deux autres, composés simultanément par deux moines de Saint-Germain sur la demande de l'abbé Ebroin, évèque de Poiliers, pour satisfaire à un désir de Charles le Chauve : ce monarque avait, en effet, entendu parler des miracles opérés par des reliques du saint à l'époque du duc des iSormans, Régénaire et de ses compagnons, et il désirait qu'on en écrivît une relation. Mais les deux travaux n'avaient pas été publiés. Ce n'eet que plusieurs années après que l'abbé Gozlin chargea Aimoin de les fondre en un seul ouvrage. Ce travail lui-même est une histoire de translation, vu qu'à plusieurs reprises on est obligé d'emporter les restes du saint, afin de les soustraire aux approches des Normans. L'auteur nous y esquisse des portraits pleins de vie, à propos de deux incursions de ces pirates : ils s'avancent sur la Seine jusqu'à Paris, s'établissent dans une île et requièrent ensuite des chevaux pour exécuter leurs pillages même sur terre. La fuite lâche de la population, les barbaries des ennemis païens, qui maltraitent notamment les monastères et les églises, les incendies qu'ils allument, leur poursuite dirigée contre les grands, dans le but d'obtenir de plus fortes rançons (3), leur mépris insolent des adversaires, qui ne peuvent les éloigner qu'en

1. « Nec est oblitus (Karolus) delegans Mansionem Cordubae hujiis facti veritatem ex loco requirere. » (C. 27.)

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