ASTRONOMUS
narration est la meilleure et qu'elle attire vraiment quelquefois par une vivante réalité, notamment dans la peinture des expéditions en Espagne, où le moine accompag^nait sans doute Louis. En tous cas, son récit repose sur le rapport de témoins oculaires. La deuxième partie de l'ouvrage s'étend jusqu'à l'année 829. Ici, notre auteur suit les annales impériales, quoiqu'il donne d'autres détails, notamment sur les affaires ecclésiastiques, et qu'il ait mis à profit d'autres sources, Nithard par exemple. Dans la troisième partie enfin, qui va jusqu'en 840, l'auteur relate les faits de lui-même, ou bien comme témoin oculaire (1), en sorte que cette partie a également une valeur spéciale, comme source historique, quoiqu'elle soit quelque peu dépréciée, du reste, comme les autres, par une chronologie embrouillée. A ce qu'il paraît, l'ouvrage ne nous est pas parvenu dans son entier, et une grande partie de l'histoire de l'année 824 serait perdue (2).
Quant à la diction, l'auteur, qui s'excuse pourtant, dans la préface, d'écrire dans un style quelque peu rustique (stilus minus doctus) , s'efforce fréquemment de rivaliser avec la langue des savants; mais, quand il déchausse ensuite le cothurne et qu'il redescend de ces hauteurs élevées, son style produit une impression désagréable : il est maniéré, recherché, boursoufflé. Cette inégalité, cette bigarrure de diction provient, en partie, de ce que l'auteur mêle son récit à celui de
769, neuf ans par conséquent avant la naissance de Louis; or, ce récit est précédé par une phrase banale sur Charlemagne. — C'est donc ainsi que s'explique, comme le fait justement remarquer Jasmund, traducteur de l'Astronome {Einleitung, p. VI), la supériurité de cette partie sous le rapport du récit et du style : il faut mettre ces qualités au compte d'Adhémar.
1. Ost à cette partie seule que peut se rapporter le deuxième membre de phrase : Posteriora etc., cité dans la remarque précédente. Si l'auteur ne dit lien des annales impériales, quand il mentionne les sources de la deuxième partie, cela provient de ce qu"il les tenait pour généralement connues et qu'il considérait l'exploitation d'une telle source officielle comme une chose toute nalureile. — Girgensohn admet, il est vrai, même pour la troisième partie, l'utilisation delà continuation des annales impériales, des prétendues annales Bertiniennes (dans les Forschungen zur deutsch. Gesch., X, p. 653 sq.): mais il est combattu par Simson, op. c, p. 298. rem. 5.)