‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 239 sur 263 · V., plus haut, p. 364 sq · texte numérisé non relu

V., plus haut, p. 364 sq

3 Dès le début, en parlant de l'année 839, Rudolf laisse déjà percer cette propension à favoriser Louis le Germanique, quand il expluiuo sa retraite devant l'armée de son père par un sentnnent de piete filiale.

4. En disant, par exemple, en 844, qu'il envoya au pape son livre : De sancta cruce, ou bien, en 850, qu'il donna à dîner aux pauvres dans sa propriété de Winkel.

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blable qu'il ait fait partie des conseillers de Louis (1). N'oublions pas non plus de remarquer que, parmi tous les lieux cilés dans ses annales, c'est Mayence, même au point de vue purement local, qui revient le plus fréquemment, en sorte que, si Ton considère les relations d'amitié entre Rudolf et Raban, on pourrait croire que Fauteur y fit, à diverses reprises, un assez long séjour. Au point de vue du style, ces Annales s'élèvent au-dessus de toutes les autres de cette époque, nouveau témoignage de la culture, couronnée de succès, des études classiques en Allemagne.

Dans cette période, les Annales de Fulda eurent encore une continuation jusqu'à l'année 882, dans la personne d'un clerc inconnu : c'était en tout cas un franc, vraisemblablement même un moine de Fulda, si peu de détails qu'il nous donne sur ce monastère. Avec plus de détails que son prédécesseur, quoique dans un moins bon latin, il raconte en partie et il fait entrer un peu plus en ligne de compte les autres empires carolingiens. Mais son récit a bien moins le caractère du sang-froid personnel. Il ne lui est pas possible notamment de déguiser nulle part sa liaine pour Charles le Chauve : il ne se contente pas de stigmatiser ouvertement son avarice et sa lâcheté (2), mais il le qualifie encore souvent de « tyran de la Gaule, » au lieu de l'appeler roi, surtout lorsqu'il se fut emparé de la couronne impériale, ce qui semble avoir spécialement échauiïé la bile de notre auteur.

Une certaine parenté avec les Annales se révèle à nous, à cette époque^ dans une histoire pragmatique du temps présent, telle que nous la rencontrons dans l'ouvrage d'un laïque qui avait pris la part la plus active aux événements qu'il relate. Cet ouvrage, sans contredit, indique l'apogée de l'his-

1. C est ce qui semble ressortir notamment d'an passage où il examine en détail les raisons et considérations qui, en 858, déterminèrent Louis à déposer Charles le Chauve; il y est dit à la fin : « Quod longe aliter esse quam se vulgi fertopinio, cimcli consiUonim régis conseil veraci sermone testantur» (/.c.,p. 371, lignes 34 sq.).

2. Il ditjle lui, en parlant de l'année 875 : « Est enim lepore timidior; » et, (en 877 : <^ Oiiod cum Karolus comperisset, illico juxta consuetiuUnem funm fugam iuiit. »

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toriographie daas cette période. i\v sont les (iikiLic livics d'histoire de Nithard : Libri quattuor historianim {{).

Nithard (il nous le dit lui-même dans son ouvrage) (2), lils d'Angilbeit et de Berthe, fille de Charlemagne, était, conuM»' son père, abbé laïque (3) de saint Riquier, bénélice qui hii étail échu sans doute à titre d'héritage. Comme sohlat et comme diplomate, il rendit à son neveu, Charles hî Chauve, des services exceptionnels ; il s'attacha à lui de la manière la plus fidèle et il lui fut ouvertement très dévoué : C(î fut en vain que Lothaire chercha à l'amener à embrasser son parti. A Fontenoy, il contribua puissamment à la victoire de Charles, par son commandement habile et plein de bravoure. D'autre part, il faisait partie de ceux à qui Charles avait, en 842, donné pleins pouvoirs pour procéder au partage de l'empire de Lothaire. Que le fils d'un Angilbert ait reçu, même sans faire partie de l'ordre ecclésiastique, une culture scientifique, c'est ce qu'il n'est pas besoin de dire.

Tout cela explique très bien que Charles l'ait considéré comme l'homme de la situation pour raconter à la postérité les événements de son siècle, et qu'il lui en ait intimé l'ordre,

1. NUhardi historuirumlihrlW , éd. Pertz, dans les Moniim. Germon, histor., script., l. II, p. 649 sci.; — Inusiimscholdrwn E(Lalter((. Hannovre, 1870; Mever v. Knonau, Ueher Nithards vier Bücher Geschichten. Leipzig, 186(), IV;- Psetz, Be vita et fide Nithardi. Dissert, de Halle, 1865^ — KüntzemüUer, Nithard und sein Geschichtswerk. Dissert, de léna. Guben, 1873; — Wattenbach, Deutschlandsgeschichtsq . , 4« éd., I, 171 sq.

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