Fin du eh. v« du IV° livre
3. Il est dit aussi, dans le Chronic. Centidense de Hariulf, à la fin du ch. vu® du livr. IIÎ, chapitre qui est consacré à Angilbert : « Post ejus sanctuni transitum filius ejus Nithardus, quem de régis filia Berta susceperat, Centu- \ensib\is jure Abbat ico praelatus. » Si l'auteur nous dit ensuite : uPaiicisfiMc diebus in regimine expletis, interemptus praelio, » cela ne signifie, à mon avis, qu'une chose, c'est que Nithard ne dirigea Ini-mème Tabbaye que peu de temps, alors qu'il s'y était retiré, quelque temps avant sa mort, et qu il avait même embrassé l'état ecclésiastique. Nous trouvons dans sonepitapho : « Nomen rectoris qui modico tenuit, » et encore, dans le Chmnic. Centul., I. III, c. 5 : .< Is ipse Nithardus, domniAngilberti filius coenobio liuic praetuisse asseveratur post decessum patris, quique cum paucissimis diebus ministrasset, hello interfectus, juxta patrem sepulturam meruit. » Ceux que la chronique désigne comme abbés, à partir de la mort d'Angilbert jus-pi a l'entrée de Nithard au couvent, n'ont eu que la direction spirituelle du monastère.
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au milieu même des guerres civiles, en mai 841, ainsi que Nithard nous le communique lui-même dans la préface qu'il adresse à Charles. C'était lacune belle mission, dit Nithard, si toutefois on lui avait aussi donné les loisirs de mener à bonne iin un travail si important : aussi fait-il appel à l'indulgence du roi et des lecteurs en général. Toutefois, notre auteur avait déjà terminé les deux premiers livres à l'automne de la même année ; ils furent successivement suivis des deux autres jusqu^au printemps de 843, époque où il abandonna son travail. Le premier livre laisse déjà reconnaître la signification spéciale de l'ouvrage : l'auteur y donne, comme introduction historique, un tableau synoptique de l'histoire de Louis le Débonnaire, dans le but de faire saisir aisément à tous les lecteurs la cause réelle des dissensions de Charles (avec Lothaire), et de leur découvrir pourquoi Lothaire, après lamortdu père, se résolut à persécuter son frère. C'est ainsi que Nithard commence, dès le début^ par motiver les événements qu'il va raconter. Ce regard en arrière est clair, concis et entièrement dans les limites des intentions qu'il a déjà fait connaître, vu que l'auteur parle surtout des divisions de l'empire et de leurs conséquences^ y voyant avec raison le g-erme des dissensions de son temps. A partir du deuxième livre, Nithard commence l'histoire de ces dissensions, en se proposant enfin d'exposer, comme il le dit dans la préface de ce livre^ avec quelle habileté et quelle adresse Lothaire a mené à bonne fin la persécution contre son frère Charles. Ici il raconte de mémoire (1) les événements, à partir de la mort de Tempereur Louis jusqu'à la bataille de Fontenoy (juin 841).
Avec cette bataille, qui fut considérée comme un combat ayant qualité de jugement de Dieu, la querelle devait être vidée, pour ainsi dire ; mais ce n'était là que le premier Cer/«:men dont la conclusion, comme dit Nithard^ met fin à son deuxième livre. Il nous apprend^ dans l'introduction au livre troisième, qu'il eut ainsi à terminer là son travail, car entendre dire du mal de son peuple lui fait déjà monter la rougeur au front; qu'est-ce donc, s'il lui faut relater ce mal lui-même?
1. '( Prout memoria viresque suppleverint. )> Fracf. Ilbri II.
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Mais, de crainte qu'un autre ne s,. pon.Mttr d. ramnl.. I.s événements autrement qu'ils n. s. sont pass^vs, il a consenti à ajouter un troisième livre, pour y enn-istrer l.s faits au v,,uels il a assisté lui-m('me. C'est ainsi qu'il nous .xnnse ici la deuxième campagne de Charles contre Lothairc, h.pirl, apri-s que Charles et Louis eurent à nouveau cimenté h'ur alliance parle traité de Strashourg(l), prit la fuite à lappn.clH. des armées alliées et se dirigea vers le sud juscju au Hliùnc (mars 842). A partir de ce livre, l'auteur suivit, sans nul doute, les événements la plume à la main : voilà pourquoi l'on y trouve des épisodes plus ou moins grands qui ne se rattache'nt (ju'incomplètement à l'action principale. Parmi eux (c. 6), il y en a un qui offre un intérêt tout particulier : c'est la description de la vie en commun, à Worms, des rois alliés, et celle des jeux de combats offerts par leurs troupes, réunies des nations les plus disparates ; l'auteur nomme, en effet, des Saxons, des Basques^ des Austrasiens et des Bretons.
Le dernier livre, qui va jusqu'au printemps de 843, comprend par conséquent une année et embrasse les négociations qui précédèrent le traité de Verdun; l'ouvrage de iVithaid, vers la fin surtout, s'y rapproche de plus en plus du caractère des Annales : l'auteur y encadre, en effet, des notices (l'événcments qui n'ont pas le moindre rapport avec la guerre civile et qui n'ont par eux-mêmes aucune importance; ce sont: un pillage des Normans (c. 3), la translation d'Angilbert (c. 5), la conquête de Bénévent par les Maures (c. 6) et autres choses semblables. On y trouve racontés également différentes espèces de phénomènes naturels. Bien plus, Fauteur termine son livre par une considération qu'ont provoquée ces phénonit'iies. Le rigoureux hiver, qui se prolonge jusqu'à la fin de mars, si funeste aux fruits et aux bestiaux, lui semble être une punition du ciel, qui châtie l'égoïsme des hommes : ceux-ci, en effet, sacrifient le bien commun à leur intérêt particulier, de sorte que partout apparaissent la discorde et la désunion. (Jue les temps sont changés ! il n'en était pas ainsi sous Charlc-
1. Ici (c. 5), Nitharf] nous communique les serments comme on sait en langue romane et allemande, au moyen desquels les rois et leurs peuples se jurèrent alliance.