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adressa à AJbouin, pourFengager à s'emparer de ce pays (c. 5). Lo récit continue par la conquête de l'Italie supérieure, due à Albouin, et par l'histoire de son règne, aussi bien que de celui de Clepb, son premier successeur en ce pays. Dans le dernier chapitre, Paul parle déjà de l'interrègne de dix ans qui suivit la mort de Cleph. Ce livre, lui aussi, contient deux épisodes : J'un, assez long (c. lo-24), nous donne une rapide description des provinces de l'Italie (1); l'autre, plus court (c. 13), est consacré au poète Fortunat.
L'histoire de l'interrègne et celle du règne d'Authari, fils de Cleph, forment le contenu du livre troisième : les relations de ce pays avecFempire des Francs et avec Byzance, relations le plus souvent hostiles, amènent l'auteur à s'appesantir longuement sur ces empires; mais son récit n'a la plupart du temps qu'un caractère purement épisodique.
Le livre quatrième traite du règne de plusieurs rois qui se succédèrent en partie très rapidement, à partir d'Agilulf (2), jusqu'aux enfants d'Aripert, Perctarit et Godepert, dont la discorde fait passer le royaume de Pavie dans les mains de Grimuald, duc de Bénévent, ainsi qu'il est raconté à la fin du livre. A côté de quelques communications tirées de l'histoire générale, on trouve aussi, dans ce livre, un épisode intéressant, d'une nature toute personnelle, sur la race et principalement sur l'arrière-grand-père de l'auteur, Leupichis, qui, seul de toute sa famille, s'échappa de la captivité où le tenaient les Avares et retourna en Italie (c. 37).
Le livre cinquième débute avec le règne de Grimuald; après la mort de ce roi, Perctarit remonte de nouveau sur le trône, où il a pour successeur son fils Cunincpert. Paul ne raconte ici 1 histoire de ce dernier que jusqu'à la victoire qu'il remporta sur l'usurpateur Alahis. La fin de l'histoire de ce roi nous est décrite dans le commencement du dernier livre, lequel a surtout pour sujet de nous faire connaître l'histoire d'Aripert,
1. Pour la liste de ces provinces italiques et pour sa source, v. Moumisen, p. 84 sq.
2. Le dernier chai)itre du livre précédent nous avait appris que Theudelinde, veuve d'Autharic, s'était choisie Agilulf pour époux.
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potit-fils de dodoport, ainsi que colle de Liutprand, dont la mort met fin ti l'ouvrage tout entier.
La disposition du sujet montre la réflexion et rintelli^^^ence de l'auteur; elle n'est ni arhitiaire^ ni déterminée par le coté extérieur. Ce sont bien plutôt des événements plus ou moins marquants dansTliistoire qui forment la division de l'ouvrage, comme, par exemple, l'invasion en Italie, qui sépare le premier et le deuxième livre ; l'interrègne, entre le deuxième et le troisième; la mort du roi Autliari, extinction de la dynastie de Cileph, entre le troisième et le quatrième; on voit, entre N* quatrième et le cinquième, le trône passer au duc de Bénévent qui réunit ainsi toute la puissance Langobarde, au sud connue au nord. Que le dernier livre finisse avec Liutprand, c'est ce qui justifie pleinement la valeur de ce roi. Un seul point ne semble pas hors de conteste, c'est de savoir en quoi la victoire de Cunincpert sur Alaliis est assez importante pour terminer le livre cinquième. Je suis porté à croire qu'Alahis, peint sous les plus noires couleurs comme contempteur du clergé, était le dernier des rois ariens. Le clergé, et ce ne peut être que le clergé orthodoxe, d'après le genre d'éloges que Paul lui décerne, prend parti pour Cunincpert dans cette guerre, et cela de la manière la plus active (l).
Si nous avons du vanter la composition générale de l'ouvrage, nous devons cependant faire des réserves pour l'agencement de la matière, dans les différents livres particuliers. Le fil du récit est fréquemment interrompu, nous l'avons dit, par l'insertion d'anecdotes, de légendes, de digressions sur la géographie, ou par des communications tirées de l'histoire générale, communications qui ne se rapportent, il est vrai, qu'aux peuples qui, à cette époque, ont des rap-
1. Paul no dit rien, il est vrai, de la religion d'Alahis, mais il ne le fait dans tout son ouvrage, si je ne me trompe, que pour un seul roi et une seule fois, c'est quand il parle du législateur Rothari (1. IV, o. 42); mais ce qui parle en faveur de ma manière de voir, c'est Tanimosité excessive et inaccoutumée, avec laquelle l'auteur traite Alahis; l'expression de filius iniquitatis (1. V, c. 36 init.), expression qui se trouve exactement ainsi employée à l'adresse d'Arius, suffirait peut-être elle-même à me donner raison.
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ports avec l'Italie; pour Paul, en effet, l'histoire des Lan- ^^obards prend des dimensions d'une histoire de l'Italie, par cela seul qu'il donne une attention toute spéciale au siège de la papauté, à la ville de Rome (1). Dans l'ordonnance et la suite des événements, c'est apparemment la chronologie seule qui lui a servi de fil conducteur, et pour la chronologie elle-même c'est Bède qui est son guide ; néanmoins, Paul n'y regarde pas de si près avec cette science, et, malheureusement, à quelques rares exceptions près, il ne donne que des dates incertaines, telles que « vers cette époque, » « après quelques années, etc. » Le décousu ou le peu de liaison des chapitres particuliers de son récit s'explique par le genre même de son travail. Cet ouvrage lui-même est une compilation de livres trî's différents, dont il cite parfois textuellement des extraits; à ces extraits, il a rattaché des communications empruntées à la tradition orale, et ce sont elles qui, avec les extraits d'ouvrages perdus aujourd'hui, donnent à son livre de la valeur par rapport aux faits. Parmi ces ouvrages perdus il faut compter une de ses sources les plus remarquables, une petite histoire des Langobards, pleine de concision, composée par Secundus, de Trente, au rapport de Paul lui-même (2), et
i. Ce seul fuit n'est pas encore un motif suffisant pour considérer l'histoire des Lang-obards, de Paul, comme une continuation de VHistoriaromana, ainsi que le fait Mommsen, p. 77, ni pour parler (p. 53) d'une Histoire de ritdlie (par Paul) à partir de la fondation de Rome jusqu'au commencement de 1 L^poque carolingienne, ouvrage dont les six p-emiers livres auraient eu pour litre Histnrm.romana et les six derniers Historia Lanfjohardoimm. La raison on est bien simple; VHistoria romana n'est pas une histoire de I llalii», mais une histoire de l'empire romain. Outre cela, l'histoire des Langobards est écrite d'un point de vue tout différent, et ainsi que cela ressort de l'exposé de la composition, ce n'est pas le sort de l'Italie, mais bien celui de l'empire langobard qui a déterminé la division de la matière.
-. «... i)u\ usque ad sua tempora succindam de Langobardorum gestis composuit historinlnm ^> (I. IV, c. 40). D'après cela le livre devait être très pf'lil, ce qu'il faut bien ne pas perdre de vue quand il s'agit de savoir de quel e nature sont les emprunts faits par Paul à Secundus. Jacobi ne paraît pas 1 avoir mis en ligne de compte, ni Mommsen non plus, lequel (p. 74) cic-'clare <iue l'ouvrag.' ijrigo yent. Lanrjob. (dont Paul a dû même avoir sous les yeux une copie bien plus détaillée) n'estqu'un e.r«/Y/,7 de Secundus, smvidune curb« rontinuation de son Hvre ! -Le livre, auquel Paul, *' apr.'s .Mommsen, aurait tout emprunté, ne pouvait pas être un extrait d'une petite histoire succincte, surcinctn historioln.