HISTORIA LANG0BARD0RU3I
s'élendant jusqu'aux temps où il vivait, il mourut en 612. Il y a une autre source langobarde, encore conservée et datant de la fin du vn*" siècle, qui était plus importante encore pour Paul, je veux dire le petit opuscule sur l'origine du peuple langobard, Origo gentis Langobanloriim, opuscule qui fut, plus tard, mis en tête de Fédit de Rothari : c'est un tout petit guide pour l'histoire des Lang obards jusqu'au roi Rolliari, et c'est précisément comme guide que Paul a mis cet opuscule à profit, en sorte que ce livre lui rendait un double service. C'est là qu'il trouva la source de légendes intéressantes. Parmi les historiens étrangers, Paul Diacre a principalement mis à contribution saint Grégoire de Tours, Bède et les Gesta poiitificum Ro?nanorum; en seconde ligne seulement les écrits de saint Grégoire le Grand et ceux de saint Isidore (1).
On doit tout aussi peu s'attendre à trouver dans cet ouvrage une ligne sévère de démarcation entre ce qui a, ou non, quelque importance au point de vue de l'histoire, qu'à y rencontrer une recherche critique de la vérité historique ; on n'y remarque que quelques faibles essais de cette critique, quelque manifeste que soit l'amour de la vérité qui anime l'auteur. Et néanmoins, comparé à celui de saint Grégoire de Tours (2), cet ouvrage nous montre des progrès dans l'historiographie : Félément ecclésiastique et spirituel est limité ; il ne domine plus et ne sert plus d'exposant à l'histoire : c'est là certainement, en parti, une conséquence de l'arianisme des Langobards, qui n'eurent pendant longtemps qu'une part négative àU'histoire de l'Église catholique. Au lieu que l'intérêt ecclésiastique domine, c'est l'intérêt patriotique qui a la première place, ainsi qu'on le voit déjà dans l'histoire des Goths de Cassiodore- Jordanes, quoique, dans cette dernière^ cet intérêt patriotique soit mêlé avec l'intérêt purement politique (3). Ce n'est point
\. Voy. là-dessus, outre Jacob^WaitZjPrrte/"., p. 26 etcf. Mommsen, p. 77 sq., lequel admet comme une des principales sources de Paul « des annales perdues, mais écrites dans Tïtalie byzantine, » annales où auraient puisé saint Isidore et Bède lui-même.