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[;)0.] CORRESPONDANCE POLITIQUE AVEC PIERRE DE PISE o9
plutôt, sa science se réduit à deux ou trois syllabes qu'on lui a répétées dans l'école ; et si ces clercs ne savent faire entendre à Byzance que ce qu'il leur a appris, on les tournera en ridicule, en les comparant à des statues qui ne parlent pas. Pour montrer néanmoins qu'il connaît quelque chose, en fait de grec, il fait suivre son poème d'une épigramme grecque, qu'il traduit en latin. Il avait certainement ajouté l'original à la traduction. Le ton plaisant du poème est en parfaite harmonie avec le mètre populaire qu'il a adopté.
Il nous reste encore un autre exemple de cette correspondance poétique entre Paul et Charlemagne, mais elle est d'une date postérieure. L'empereur, qui parle ici encore par l'organe de son grammairien, s'appuie^ dans sa lettre (vingt-cinq hexamètres) (1), sur un poème que Paul lui avait adressé et qui est aujourd'hui perdu. Dans ce poème, Paul Diacre aurait manifesté son allégresse de se voir ainsi honoré par l'empereur; il y aurait rendu à Dieu et à Jésus-Christ de solennelles actions de grâces pour l'avoir tiré des ténèbres et lui avoir fait contempler la lumière; il a eu, jusques-là, assez de soucis; mais, maintenant, il a tourné le dos aux détestables tribulations. Je ne puis, moi aussi, qu'être de l'avis de Bethmann (p. 262) et admettre que ce poème de Paul, servant de base à l'épître de Charlemagne, était un chant d'actions de grâces en l'honneur d€ l'empereur, qui a enfin exaucé sa prière et rendu la liberté à son frère et la fortune à sa famille. Mais, continue le roi, dans son épître poétique, Paul n'a pas encore répondu à trois questions qu'il lui posait; il lui demandait ce qu'il préférerait : être chargé de chaînes, être détenu dans un noir cachot, ou bien paraître devant la figure terrible du sauvage Sigfrid, roi de Danemark, pour le baptiser. Il est probable que Charles avait, par plaisanterie, imposé à Paul une de ces trois conditions, en retour de la liberté qu'il accordait à son frère (2). Charles ajoute encore, à la fin du poème, une énigme que Paul devra deviner.