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CHAPITRE IV

ÉGLOGUES : NASO, CONFLICTUS VERIS ET HIEMIS

Nous avons eu, à plusieurs reprises, l'occasion de voir quelle influence l'églogue de Virgile, cette poésie toute de cour, avail exercée sur la nouvelle école poétique et dans l'entourage es thétique de Charles, où elle avait trouvé tant de sympathie. Qu'il me suffise de rappeler un fait si caractéristique pour cette influence, à savoir que plusieurs des noms académiques, et ceux précisément des employés de la cour de Charles, étaient empruntés à ces églogues (1). Cette influence grandit encore lorsque le roi des Francs, ressuscitant l'empire romain en Occident, apparut comme un nouvel Auguste à ce cercle, qui

1. Voy. plus liant, p. 10. Lp sf'nénlial s'appelait M^nalcpie et le chambellan, Thyrcis.

7(] NA so '60.]

honorait en Virgile le premier des poètes. Nous n'avons donc plus lieu de nous étonner de voir maintenant les poètes s'essayer à composer des églogues d'après le modèle virgilien. Nous trouvons un essai de ce genre d ans un poème, dédié à Charles et remarquable par son contenu, lequel nous offre en outre plus d'un point de contact avec le chant épique attribué àAngilbert. Cette églogue, écrite en hexamètres et divisée en deux petits livres, a un court prologue et un épilogue en distiques, adressés tous deux à Charle'magne. C'est là que nous apprenons, comme aussi dans le poème lui-même (I, v. 62), Je nom^ académique bien entendu, de l'auteur : Naso (1) ; nous y apprenons, de plus, que c'était encore un jeune et pauvre poète, qui avait encore à gagner la protection constante de l'empereur, protection dont tant d'autres poètes jouissaient déjà. C'était, semble-t-il, un prêtre anglo-saxon, un élève d'Alcuin (2) ; il était employé au service de la chapelle impériale. En tout cas, ainsi que cela ressort du poème luimême, il existait entre Angilbert et lui d'intimes relations. L'auteur a pris non seulement Virgile pour modèle, mais encore un antique successeur du poète latin, Calpurnius, et c'est notamment à la première églogue de ce dernier qu'il se rattache immédiatement, dans son deuxième livre.

Ainsi que cela a lieu, dans quelques églogues de Virgile et de Calpurnius, c'est un chant alternatif qui fait la base du poème. Le premier livre (quatre-vingt-quinze hexamètres) forme une sorte d'introduction. Les deux bergers sont un jeune homme {pue?') (3), qui représente le poète lui-même, et un vieux vétéran de la poésie, couvert de gloire, dont le nom de Micon est encore celui d'un berger de Virgile, et d'un personnage de Calpurnius (4). Celui-là provoque celui-ci à chanter; il espère,

1. Poème fie Naso, édité par Duemmler dans la Zcitschr, f. deutsch. Alterlh., N. F., VI, p. .58 sq.; Poetae M., I, p. 382 sq. Voy. ma dissertation, mentionnée plus haut, p. 72, rem. 1; Duemmler, iV. A., p. 142.

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