‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 45 sur 263 · Opp.yl. III, c. 1 et · texte numérisé non relu

Opp.yl. III, c. 1 et

3. Avec Hauréau, p. !^7 sq. et Simson, Jahrb. des fra^nk. hcichs unt'r Ludwig d. Fr., 1, p. Ui, Vov. les motifs sur lesquels je m'appuie, op. > ..

82 THÉODtLPHE [70-71.]

La culture inlelloctuelle eminente de Théodulphe l'avait fait distinguer, lui aussi, par Charlemagne. Ses poèmes nous rendent témoignage du large cercle de ses connaissances, principalement Fun d'entre eux (1. IV, c. 1), dans lequel il nous fait Ténumération des auteurs dont il faisait sa lecture favorite : c'est là, en effet, qu'à côté des illustres Pères de l'Église et de Fencyclopédiste saint Isidore, il nous cite les écrits des philosophes païens, sans malheureusement les nommer par leur nom ; c'est là, qu'à côté des poètes chrétiens les plus célèbres (1), parmi lesquels nous voyons Prudence, cet artiste du mètre (2), occuper une des premières places, figurent aussi les grammairiens Pompeius et Donat, et les poètes Virgile et Ovide. Quoique les vers de ce dernier contiennent beaucoup de frivolités (frivoia), on y trouve néanmoins beaucoup de vérités cachées sous une fausse enveloppe. Théodulphe entend surtout par là les mythes, dont la vraie signification ne fut révélée que par les philosophes, c'est-à-dire par l'explication allégorique, dont il donne ensuite des exemples. C'est ainsi que Théodulphe, s'appuyant sur les procédés de Fulgence (3), sait tirer parti des éléments païens de la poésie â antique. Et, en effet, il doit beaucoup à cette dernière. Les études classiques ont fait mûrir en lui une culture vraiment esthétique. Nous en avons aussi une preuve irrécusable dans le goût qu'il avait pour les arts. C'est ainsi qu'il fit bâtir, à Germigny, une église magnifique d'après le modèle de la basilique d'Aix-la-Chapelle et qu'il en fit orner l'intérieur avec la plus grande richesse, comme il entreprit aussi la restauration d'autres églises; c'est ainsi également qu'il fit faire des copies de la Bible, qu'on admire encore comme des merveilles de calligraphie, ayant soin d'en rehausser 1 éclat en y faisant intercaler des dessins décoratifs (4). Mais ce n'est pas seule-

p. 95 sq. C'est là que j'ai montré également qu'il ne saurait être question de l'Italie, comme patrie de Théodulphe.

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