VTE
ment pour le service de la religion que Févêque manifesta ce sentiment artistique ; il orna également sa table en y faisant mettre des travaux artistiques dans le style symbolique et allégorique de la dernière période romaine, afin de nourrir Tespritetle corps, ainsi qu'il le dit lui-même dansla description qu'il fait d'un de ces travaux de menuiserie (qui était joint aussi à un Tellurinin). Un autre de ses poèmes nous montre également l'estime qu'avait cet évêque pour les chefs-d'œuvre de l'art antique (1).
Un homme d'une culture si élevée et doué de tels sentiments devait avoir un accès facile auprès de Charlemagne. Nous n'avons relativement à sa vie que des notices très défectueuses. Qu'il ait fréquenté la cour de Charles, c'est ce dont ne nous permet pas de douter la connaissance exacte qu'il en avait. A partir de 798 pour le moins (^), nous le trouvons sur le siège d'Orléans et à la tête de l'abbaye de Fleury, à laquelle vint s'ajouter encore celle de Saint-Aignan, où il déploya une grande activité au profit de l'Église et de l'Etat, en travaillant, dans le sens des aspirations de Charles, à la formation des mœurs et à la culture du clergé et du peuple. Une lettre capitulaire qu'il adressa aux prêtres de son diocèse nous donne un témoignage éclatant de son activité moralisatrice (3). Il ordonne, entre autres choses, à ses prêtres de ne point négliger la prédication destinée à l'instruction du peuple (cap. 28), de faire la classe dans les villages et les bourgades [per villas et vicos) et il leur recommande, d'une manière toute spéciale, d'instruire les enfants avec amour et gratuitement (cap. 20). Il s'appliqua également à la réforme des couvents de son diocèse : c'est ainsi qu'il fit venir à Mici des moines d'Aniane, où Benoit Wittiza avait entrepris alors avec succès de relever la vie monastique qui était en péril en France (4).
Théodulphe avait une activité éclatante et un amour inflexible pour la justice, amour qui se manifesta également plus