Dans Sirmond, /. c, p. 921 sq
4. Voy., sur Benoît, le livre cinquième, où Ton traite de sa vie.
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tard dans une discussion célèbre qu'il eut avec Alcuin : cette activité et cet amour reçurent une récompense distinguée, lorsque, en 798, on lui donna un emploi de la plus haute confiance, celui de Missus dominicus. Charlemagne appela aussi Tlîéodulphe à siéger parmi les juges qui devaient décider à Rome, en 800, du procès entre le pape Léon et ses ennemis. Il en revint avec le pallium. Après la mort d'Alcuin^ il devint un des premiers conseillers do Tempereur pour les affaires théologiques; c'est lui qui, sur l'ordre de Charles, recueillit (dans un écrit De spiritu sanclo) dans les ouvrages des Pères de l'Eglise les matériaux pour décider une question dogmatique qui passionnait vivement les esprits et qui n'était autre que la procession de l'Esprit-Saint. Il composa également, sur les instances de l'empereur, un autre écrit théologique d'occasion intitulé De ordine baptismi; l'auteur s'y montre plus indépendant de ses devanciers, mais son ouvrage n'entre pas dans le cadre de notre étude.
Théodulphe jouit également d'une grande considération auprès de Louis le Débonnaire, au commencement de son règne. C'est ainsi que Louis l'envoya à la rencontre du pape Etienne Y, qui venait, en 816, pour le sacrer roi. Cependant ces bonnes relations ne tardèrent pas à prendre une face tout opposée. Théodulphe fut accusé d'avoir pris part à la conjuration de Bernhard d'Italie et, en 818, il fut dépossédé de toutes ses dignités et relégué dans un couvent, à Angers. Jusqu'à sa mort, Théodulphe nia énergiquement sa culpabilité, quoiqu'il eut pu, par un simple aveu, obtenir sa grâce. Cette culpabilité n'est compatible ni avec la vie antérieure de Févêque, ni avec ses principes politiques (1). H mourut en captivité, l'an 821..
Au point de vue delà forme,>n ce qui regarde soit l'expression elle-même ou bien la facture du vers, Théodulphe occupe la première place parmi les poètes de cette époaue (2). On voit de nouveau, en lui, les facultés particulières à larace des Goths,
. Cf. Simson, MrhA, p. 114 sq., 122 et 169: v. également plus loin. -. DuPmniler u,p, ,,, p. -JU sq.) montre IVstime dont il jouissait sous c. rapport. ,1 monire auss. cp^au x« sî.VIp il était considéré nomme faisant autorili' pai- rapport a la quantité.
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comparés aux autres peuples Germaius, de s'approprier Ja culture romane, c'est-à-dire la culture traditionnelle chrétienm^latine. Nous ne retrouvons plus, dans ses poèmes, ces emprunts textuels, ces réminiscences accumulées des modèles antiques qui nous ramènent à l'école des grammairiens. Théodulphe n'est pas sans doute un génie poétique, mais il possède un talent et un pinceau, qui, soutenus par les qualités qu'il avait pour la forme, ontrempli ses vers de tableauxpleins de vie et de beauté. Sa poésie se rattache, en grande partie, à celle de saint Fortunat, ctcoi,Timeelle, elle ne se compose presque que de distiques (1); dans ses premières années cependant, Théodulplie prit Prudence pour modèle. Ce fut là surtout le cas d'un grand poème didactique dont il ne s'est conservé que deux fragments, mais dont l'un est, à ce qu'il paraît, un chant complet. Ce dernier (2) est une remontrance aux prêtres, et en particulier aux évèques;il s'offre à nous comme composant un quatrième livre et, dans le début, il fait allusion, quoique d'une manière un peu énigmatique, au contenu des trois livres précédents qui s'adressaient à tout le monde. D'après cela, il paraîtrait que le premier livre traitait de la révélation et des actions de Jésus-Christ (3), et le deuxième, des châtiments et des récompenses de Féternité, car on y trouvait la description du ciel et de l'enfer; par contre, « le livre troisième enseigne à combattre contre le peuple terrible et indique aux alliés tous les moyens possibles de remporter la victoire (4). » Il semble qu'il soit ici question du combat contre les vices, combat que nous retrouvons, en effet, dans un long fragment d'un autre
1. Quand nous ne dirons rien du mètre (par conséquent, dans la suite de cette étude) il sera toujours question de distiques.
2- Liber V, carmen 3. La division des poèmes de Thiéodulphe en six livres (de même que, en grande partie, leur classement) est l'œuvre de Sirmond, ainsi qu'il le dit lui-même dans la première remarque de ce poème,. Le, p. 1101. Remarquons ici que Sirmond, en comptant les vers, s'appuie toujours sur le livre et non sur un chant particulier.
3. C'est bien à ce livre que se rapporte l'élog-e adressé à Théodulphe dans les Vcrsu!< Fiduciac. « Teudulfus rutilât mire de arte Juvenci. » {ZeiUchr, f. dmtch. Alterh., N. F. V. p. 143.)
i. Tertius horrenda bellum cum gente gerendum
Edocet, et socios qua valet armât ope.
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chant de Théodulphe (1) (1. V, c. 2). Ce dernier fragment, ainsi qu'il appert d'un coup d'œil général qu'on y trouve (y. 364 sq), traitait des sept péchés capitaux : rjula, moechia, frans, avari-: tia, invidia, tristilia, ira ; le chef de ces vices est la Superbe [siiperbia), laquelle, jointe aux autres, porte, comme chez les auteurs ascétiques, les péchés capitaux au nombre de huit (2) ; mais le fragment qui nous reste ne commence qu'avec la tristesse. Contre ces ennemis, au moyen desquels Satan soumetà son empire la race humaine, Dieu a donné à l'homme des armes dans les vertus opposées, tout comme un sage médecin guérit en employant des remèdes contraires au mal. Ces vertus sont : jejunia, pudicitia \ à l'avarice est opposée l'action de donner [operatio dandi) ; vient ensuite l'amour de Dieu et du prochain [dilectio Domini et fratrum)\ on combat la tristesse par les consolations fraternelles, la prière et la lecture de laBible; la colère, par la patience; la superbe, par l'exemple de Jésus- Christ, la crainte des peines et l'amour parfait. Mais l'auteur ne donne pas ici de remède contre la fraude (frans). Il est aisé d'y reconnaître l'influence de la PsT/chomachie, de Prudence, quoique cette influence se fasse moins sentir dans les détails. Tout en étant une œuvre de jeunesse, composée par Théodulphe encore diacre (3), cette poésie montre néanmoins le talent de l'auteur, et la description détaillée des fautes causées par la tristesse est, pour ne citer que cet exemple, excellente de tout point (4).
1. Je dis u chant » c'est-à-dire partie d'un grand poème; c'est là le sens du dernier distique (cf. v. 362 sq.). Si, dans le manuscrit, ce poème avait précédé celui que nous avons nommé auparavant, ainsi qu'on serait tenté de le supposer, la manière de voir de Sirmond, à savoir, que nous possédons dansée poème le troisième livre de la poésie sus-mentionnée, cette manière de voir, dis-je, deviendrait une réalité.
2. Comme c'est le cas dans Cassien, Cœnob. instit., v. vol. I, p. 372; la seule différence est que, chez lui, acedia et cenodoxia remplacent fraus et invidia qui se trouvent dans Théodulphe.