‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 60 sur 263 · De quo jam dudum perstrinxi pauca relatu · texte numérisé non relu

De quo jam dudum perstrinxi pauca relatu

Angloruni de geate pios dum carminé quosdam •'■• 16. Jam cecini indoctus vilisque per umnia scriptor.

[86.] POÉSIE RYTHMiOUE 99

1 aire profane, eu vers rylliiniques, comme nous avons eu déjà l'occasion de le remarquer. Les grands exploits de cet âge la remplissent, elle aussi, de l'esprit épique et donnent ainsi naissance à une poésie populaire soitlyrico-épique, soitépicolyrique. Certes, il ne nous en reste que peu d'exemples du siècle de Charlemagnc, et, chose remarquable, parmi ces exemples, trois ont des points de contact plus ou moins intimes avec la guerre des Avares (1). Le premier en date est un poème (2) en l'honneur de la victoire de Pépin, fils de Charlemagnc, sur les Avares en 796, ou, pour parler plus exactement, un poème sur la complète soumission de ce peuple, un chant de triomphe et d'actions de grâces qui se termine par un yloria à Dieu le père et à Dieu le Fils. Cette victoire, en effet, est célébrée comme une victoire sur le paganisme, sur les ennemis de l'Eglise chrétienne, et les Avares sont dépeints comme tels, dès le début de ce poème. Ces profanateurs et voleurs d'églises, ces démolisseurs de temples et de cloîtres sont vaincus et soumis par Pépin, « le roi catholique, » avec l'aide de saint Pierre, le prince des apôtres, que Dieu luimême a chargé d'accompagner l'armée. Cette victoire, comme le dit le poète, est l'œuvre de la grâce divine. Par là, ce poème reçoit un coloris religieux, et, selon toute apparence, il a été composé par un ecclésiastique qui peut-être avait fait lui-même la campagne; il vit le jour peu après les événements qu'il décrit, mais non immédiatement après eux, puis-

1 . En dehors d'eux, il n'y a plus à citer de cette époque qu'un poème rythmique : c'est un éloge de la ville de Vérone^ composé pendant le gouvernement de Pépin roi d'Itahe (781-810), gouvernement célébré dans Favant-dernière strophe. Il est écrit en tétramètres rythmiques trocaïques, mais sans valeur poétique. Après avoir fait la description du côté extérieur de la ville, dont les constructions remarquables remontent à l'antiquité païenne, l'auteur parle de sa christianisation, de ses évoques et de ses reliques qui lui donnent une valeur spéciale et de grand prix. (V. Duemmler, iV. A., p. 148). Ce poème se rattache à un autre semblable et dans le même mètre en l'honneur de Milan, lequel fut composé entre 721 et 736. (V. Duemmler, JV. A., p. 153). Tous deux sont imprimés dans Muratori, Script, fer, it. II, 2, et dans les Poetae lat. I, p. 118 sq. et p. 24 sq.

2. Edité d'abord par Pertz, en appendice aux œuvres d'Eginhard : VitaKaroli magni inusum scholurum. 2^ édit. . Hanovre, 1845. V. aussi Poetae lat., I, p. 116 sq.

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(juil v csl parlé eu outre de la conversiuu des vaincus (1). Des discours intercalés dans le texte donnent au récit un mouvement dramatique qui rehausse essentiellement la ressemblance qu'il y a entre ce poème, composé en vers tétramètres rytlimiques trocaïques, et les romances postérieures. La langue elle-même soit au point de vue phonologique, soit au point de vue syntaxique témoigne du caractère populaire du poème (2).

Le deuxième, composé peu après le premier et en vers trimètres iambiques rythmiques (3), est une élégie sur la mort du héros, qu'on doit considérer comme le vrai vainqueur des Avares, le margrave de Frioul, Erich, l'un des généraux de Charlemagne les plus expérimentés et dont la perte fut un coup terrible pour l'empereur (4). Cette plainte (Planctus) profondément sentie, la première dans son genre qui nous soit parvenue, est, malgré plusieurs défauts et maintes duretés d'expression , l'œuvre d'une âme vraiment poétique. Dès le début, le poète provoque les neuf fleuves du territoire du margrave à pleurer leur maître, et les neuf villes principales à se couvrir de deuil, mais celle qui doit, avant toutes, donner l'exemple, c'est sa ville natale, Strasbourg, qui a perdu son (( citoyen célèbre » et que le poète, par amour pour son « cher ami, >> appelle de son vieux nom si doux et si sonore « urbs Argentea. » Yient ensuite l'éloge du héros : il était généreux envers l'Église, le père des pauvres, le consolateur des veuves ; plein de douceur, il fut cependant un homme de guerre terrible ; il était l'ami des prêtres et avait un esprit

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