‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 69 sur 263 · VITA CAROLI · texte numérisé non relu

VITA CAROLI

Pour ce qui est du style et de la langue elle-même, on peut dire que le remaniement de ces annales, appelées autrefois et sans scrupule « annales d'Eginhard, » comme aussi la dernière partie du travail original, sont dignes de l'auteur de la Vie de Charlemufjne . C'est seulement par ces annales de Lorsch que ce genre de composition prend place, au moyen âge, dans le domaine de la littérature; les annales antiques, en effet, avec leurs courtes notices, rédigées année par année^ ne pouvaient pas être considérées comme des produits littéraires, et, partant, n'avaient pas droit à occuper une place dans l'histoire de la littérature. On peut donc voir par là que la science historique elle-même a fait, au siècle de Charlemagne, des progrès considérables; ces progrès sont certainement dûs à l'inlluence du grand empereur, qui, au témoignage d'Eginhard, manifestait beaucoup de goût pour l'histoire.

Eginhard est encore l'auteur d'un autr.e livre dont l'authenticité est aussi indiscutable que l'est celle de la Vie de Charlemacjne : c'est le récit détaillé et mentionné plus haut de la Translation des reliques de saint Pierre et de saint Marcellin à Séligenstadt, de même que celui des miracles opérés par ces deux prêtres, martyrisés à Rome sous Bioclélien (1). Nous avons indiqué précédemment l'origine de ces « Translations » et dit qu'elles flrent leui* apparition d'abord comme intimement unies aux Passions (2) puis comme leur faisant suite. Le principal intérêt de l'auteur, comme celui du lecteur, consistait ici, de même que pour les Yies de Saints en général, dans les miracles qui se produisaient à l'occasion de ces translations, mais qui remontaient aux reliques. Or, à aucune époque, le culte des reliques et la foi en leur vertu ne furent plus en honneur que du temps d'Eginhard, ainsi que le montre ce livre, d'autant plus que son auteur esta la fois un historien et l'un des hommes les plus cultivés de ce siècle. En outre, il dit

auteur n*a rien à voir dans ce dernier travail, tout en reconnaissant que les Annales elles-mêmes, jusqu'à l'année 829, sont bien son œuvre. Il n'entre pas dans le cadre de notre étude d'approfondir ce poinc en litige.

1. TransUUio SS. Fetrict Marcellini^ éd. Henschen, dans les Acla SS. Jun., tom. I, p. 181 sq.

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