‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 7 sur 263 · Ep. I (p · texte numérisé non relu

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les premières roui eue plus dumlilc : |K»ni- n'avoir élé, vu bonne partie, qu'indirecte au point de vue de la littérature; générale, cette intluence n'en a pas moins été considérahlc C'est là surtout le cas des livres qu'Alcuin avait composés [)oiul'école; ils servirent de base non seulement à son époque, mais même bien longtemps après lui pour renseignement scientifique dans Tempire des Francs. Alcuin était, d'abojtl et avant tout, un maître excellent; aussi, ses livres sur l'enseignement méritent-ils d'autant mieux de trouver place, dans cette étude, avant ses autres écrits, qu'ils nous font le portrait de son enseignement dans l'école impériale. Ce sont d'abord trois manuels relatifs à la grammaire, à la ihétorique et à la dialectique. Le fond en est même moins original qu'on ne serait, de prime-abord, en droit de l'attendre de livres de cette nature ; mais la forme en est toute particulière, quoique cette particularité ne soit nullement de l'invention d'Alcuin et qu'elle repose plutôt sur la tradition anglo-saxonne. Ces traités sont? en effet, composés en forme de dialogue et ressemblent assez à des catéchismes, avec cette différence toutefois que, en règle générale, c'est l'élève qui interroge et le maître qui répond. Aldlielme, le premier maître national de valeur chez les Anglo- Saxons, avait en cela donné le premier exemple en Angleterre, dans son traité sur l'art métrique, adressé à Alfred de Northumbrie (1). Il y motive Tapplication de cette forme, en disant qu'elle contribue à la clarté d'exposition. Alcuin, au contraire, dit, dans sa grammaire, qu'il l'a adoptée comme procurant un soulagement à la mémoire (2). Les deux motifs ont apparemment contribué à ce résultat. Où Alcuin toutefois montre une certaine originalité, c'est dans la manière d'employer cette forme, de l'adapter avec habileté aux leçons qu'il

1. V. Vol. 1, p. 661. Le fait de le voir s'en rapporter à saint Augustin et cà saint Isidore prouve qu'il n'avait point en cela de prédécesseur parmi les Anglo-Saxons. (Aldhel. opp. éd. Giles, p. 233.)

2. « Fuerunt in schola Albini Ma8istri;duo pueri, unus Franco, aller Saxo, qui nuperrime spineta grammaticae densitatis irruperunt. Quapropter placuit illis paucis literulis [Froben emend. : paucas iiteralis] scientiae régulas ïnemoriae causa \)er inlerrogationes et responsiones excerpere. » Opi>., t. Il, p. 268.

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donne à la cour en lui communiquant un souffle de vie dramatique.

L'enseignement commençait par la grammaire ; aussi, Alcuin fait-il précéder son traité d'une courte introduction aux études scientifiques en général : les traits principaux de ce travail caractérisent à la fois l'auteur et son époque. La lumière de la sagesse, dit-il, est innée dansTesprit de l'homme; mais elle y est à l'état latent ; elle y est cachée comme l'étincelle dans le silex ; il n'y a que des leçons répétées qui puissent faire jaillir cette étincelle. Ce n'est point pour des avantages terrestres qu'on doit aimer la sagesse ; c'est pour Dieu, pour la vertu, ou bien pour la sagesse elle-même ; l'ornement qu'elle procure est impérissable, tout comme Tàmeà laquelle cette sagesse appartient. Yoilà comment Alcuin s'y prend pour faire ressortir le prix de la science en comparaison des biens périssables. Or, le sommet de la science, c'est la théologie, l'intelligence de la sainte Écriture; sept degrés conduisent à ce sommet, ce sont les sept arts libéraux : la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l'arithmétique, la géométrie, la musique- et l'astrologie ; les sept ressemblent aux sept colonnes de la maison de la sagesse dont parle Salomon (1). De même que cette sagesse a procuré la célébrité aux philosophes, même à des consuls et à des rois, ainsi elle a fait remporter la victoire sur les hérétiques parles savants du christianisme. C'est ainsi qu' Alcuin donne une consécration religieuse aux études qui, même ici, paraissent destinées en première ligne à l'instruction du clergé.

Cette introduction elle-même est encadrée dans la forme d'un dialogue entre les a élèves » et le « maître, » tout comme la grammaire qui la suit ; la seule différence, c'est que, dans cette dernière, les élèves sont caractérisés plus fortement et jouent un tout autre rôle. Ils sont au nombre de deux, un Saxon dequinzeans (Anglo-Saxon, cela va sansdire), etun Franc de quatorze ans. Ce dernier, plus jeune et moins lettré, pose les questions; l'autre, le Saxon, donne la réponse. La distribution des rôles est significative. Ce n'est que par exception

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