CHAPITRE DIXIÈME
SMARAGDUS.
Le domaine de la prose didactique fut ég-alement cultivé daus deux ouvrages remarquables au point de vue de l'histoire littéraire et au point de vue du style qui n'est pas indigne du siècle de Charlemag-ne. Leur auteur est Smaragdus (i), abbé du monastère Saint-Mihïel, sur la Meuse. Il avait fondé luimême ce monastère et y avait transféré ses moines de l'ancienne abbaye du Mont Castellion, distant seulement de quelques lieues. Il était, d'abord, maître de l'école du monastère. A la prière de ses disciples, il composa, entre l'an 800 et 805, un commentaire de la Grammaire de Donat, et ce fut là le premier fruit de son e.ctivité pédagogique. Dans un document de Tannée 805, il a déjà le titre d'abbé (2) ; mais pour ce qui est du point de départ de sa dignité d'abbé, tout ce que nous pouvons dire, c'est que, dans les exemples de la grammaire, Charlemagne est désigné comme empereur (3). Son érudition le recommandait à Charlemagne qui, en 809, lui confia la composition d'un mémoire sur la procession du Saint-Esprit, et l'envoya à Rome avec trois autres prélats pour assister au synode convoqué par Léon III pour résoudre ce point dogma-
i. Smaragdi abbat, monast. S. Michaelis Virdunensîs opéra omnia. Accur. Migrie. Paris, 1851 (Patrol. lat., t. CIL); — Smaragdi abbat. Via regia d'Achery, Spicilegium, Nova éd. Paris, 1733. t. I, p. 238 sq.; — Hauréau, Singularités (v. plus haut p. 81, rem. 1), p. 100 sq. ; —Smaragde, abbé de Castellion ; — Dümmler, JV. A. , p. 250 sq. ; — Mabillon, Vetera analecta, Nova éd. Paris, 1723, p. 350 sq. ;— Keil, De grammaticis quibvsdam latin, infimae aetatis. Erlangen (Progr. de l'Université), 1868.