Voy. la préface de l'ouvrage De univtrso ad Haimonem
2. Gesch. d. Ostfrxnk. Reichs, I, p. 301 ; il faut aussi la prendre comme point de comparaison dans les lignes qui suivent.
3. Comme le supposent Lupus, c. 40. et Rudolf, op. c, c. 50; cf. aussi la remarque 4, p. 439 (la parenthèse).
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manquer d'obtenir lo siège archiépiscopal de Mayencc, après la mort de son ami Otgor, arrivée en 847. Arraché, bien malgré lui, à la vie scientifique, il ne laissa pas de déployer, en qualité d'archevêque, une grande activité, et la considération dont il jouissait comme savant contribua puissamment à lui faciliter les devoirs de sa charge. Dans cette même année eut lieu, à ^loyence, uu synode qu'il présida et dans lequel on s'efforça de remédier aux suites de la guerre civile si funeste pour le droit et pour les bonnes mœurs. Mais ce qui nous touche ici de plus près, ce fut le synode tenu également dans cette ville. Tannée suivante, en même temps que la Diète ; car ce fut dans ce synode et sous l'influence décisive de Raban que furent condamnés Gottschalk et sa doctrine relativement à la prédestination, doctrine qu'il défendait avec toute l'opiniâtreté et la conviction d'un savant et d'un théologien allemand. Gottschalk appuyait, en effet, sa doctrine sur celle de saint Augustin, mais son tort consistait à en tirer les conséquences sévères ou dures qu'exigeait un développement systématique de cette doctrine, et à soutenir une double prédestination des méchants, comme des bons. Raban défendait au contraire l'opinion reçue dans l'Egligefranque, opinion qui adoucissait, en la modifiant, la doctrine de saint Augustin (1).
Raban était l'adversaire personnel de Gottschalk; ce dernier avait été, en effet, son élève au monastère de Fulda ; il descendait d'une noble famille saxonne et avait été reçu à Fulda comme interne. Gottschalk^ dont Tesprit remuant et indépendant se sentait enchaîné dans la cloître franc, s'échappa et obtint d'un synode de Mayence, en 829, la dispense de son vœu. Mais Raban fit appel de cette décision du synode ; elle fut rapportée, et Gottschalk dut entrer dafis le monastère d'Orbais. Après y avoir terminé son éducation scientifique, qu'il devait surtout à son étude personnelle et avant tout à la lecture des ouvrages de saint Augustin, il se mit à voyager, notamment dans le nord de l'Italie, faisant partout, à Taide de
t. Cf. Weizaecker, Bas dogma von ckr gocttltchen Vorherbestimmung im neunten lahrhundert da-ns lahrbücher f. deutsche Theologie. \^\. IV, Gotha, 1859, p. 527 sq.
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sa brillante éloquence, de la propagande pour sa doctrine. Aux instigations de Noting, évêque de Vérone, Raban écrivit, en 840, contre le novateur. Dans un second voyage, ce dernier avait reçu l'hospitalité chez le savant Eberhard, margrave du Frioul ; mais une lettre de Raban, écrite à ce comte, le fît chasser de cette cour. Gottschalk répondit aux attaques de Raban, l'accusa de semi-pélagianisme et donna à tous ses adversaires le sobriquet de <. Rabanici. »
Les relations étaient donc des plus envenimées entre l'élève fugitif et son ancien maître, deux personnages dont le caractère, les talents, la naissance même formaient je ne dirai pas une diversité, mais un contraste, lorsque l'un d'eux parut devant le tribunal que présidait l'autre. La condamnation de Gottschalk n'en fut que plus prompte, mais elle n'eut pas lieu à l'unanimité : il fut fouetté cruellement, banni de l'Empire franc de l'est et livré à Hincmar, archevêque de Reims, chargé de le châtier encore. Mais il faut dire, pour être juste envers Raban, que les motifs de sa rigueur reposaient sur le grand péril moral qui ne pouvait manquer de résulter de la doctrine de Gottschalk, si ce prédicateur ambulant et enthousiaste répandait encore ses idées parmi le peuple. Voilà pourquoi Raban ne cessa pas^ même plus tard, d'attaquer cette doctrine et sa diffusion, manquant, il est vrai, d'humanité à cette occasion envers le libre-penseur. A part cela, il se fit remarquer, comme évêque, par son affabilité et sa protection envers les opprimés et les pauvres. Pendant qu'il remplissait consciencieusement ses devoirs de pasteur, il resta, lui, vrai modèle de l'application allemande, fidèle à son activité d'écrivain infatigable jusqu'à sa mort. Chargé d'années, il quitta ce monde en 806.
Raban n'a presque qu'une importance indirecte pour la littérature générale, mais cette importance est considérable, surtout, cela va sans dire, pour la littér?.ture de l'Allemagne. Son activité littéraire, extraordinairement grande, poursuit, à peu d'exceptions près, un but pratique; provcxiant le plus souvent de ses fonctions de professeur, de pasteur, d'abbé et d'évêque, .c'est à leur service qu'elle est consacrée et elle a pour but la culture intellectuelle et morale du clergé d'abord, du peuple