‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 86 sur 263 · COMMENTAMES SUR LA BIBLE · texte numérisé non relu

COMMENTAMES SUR LA BIBLE

de Rabaii. Il a constamment désigné en marge les auteurs par les lettres initiales de leur nom (1), et ses propres explications par le nom de Maurus. Son ouvrage a donc, dans sa disposition, une tendance toute pratique, et Raban déclare ce procédé plus commode, quoique non absolument nécessaire (2). Il divisa ce commentaire en huit livres, en s'efTorçant autant que possible de les terminer, ainsi qu'il le dit lui-même, par un discours du Sauveur (3). Quant au genre d'explication luimême, c'est, conformément à la tradition, l'interprétation allégorique qui domine; pour l'auteur, elle est l'essentiel, ainsi que le montre, du reste, un passage de la dédicace. Néanmoins, plus que dans ses autres commentaires, Raban y donne également l'explication historique et linguistique, et jl tient compte des autres évangiles et de leurs déviations.

Devenu abbé, Raban entreprit, vers 82o, l'explication de l'Ancien Testament sur le même modèle. C'est Frechulf, évêque de Lisieux, qui l'engagea à écrire ce nouvel ouvrage, en le priant de composer un commentaire sur le Peutateuque, vu que, dans sa ville épiscopale, il avait grandement à souffrir du manque de livres; il n'avait pas même réussi à y trouver une Bible. Le commentaire qu'il désirait devait être composé dans le même genre que le commentaire sur saint Matthieu (4). Raban acquiesça à cette demande, en commentant peu à peu les cinq livres de Moïse. Ce savant travail de compilation semble être devenu insensiblement un véritable besoin pour Raban, car il commenta encore, avec le cours des ans, et de cette même manière anthologiquc, un grand nombre de livres de l'Ancien Testament. Il dédia la plupart de ces commentaires à l'empereur Lothaire, et même il en composa deux sur son

1. Probablement dans les citations textuelles seules, procédé qu'il a suivi dans le commentaire sur les livres des Rois, ainsi qu'il le dit dans la préface de ce dernier.

2. « (Opus) non quasi pernecessarium, cum raulti scriptores me in illo vestigio praecesserint, sed quasi raagis commodum, cum plurimorum sensus ac sententias in unum contraxerim. » (Praef.)

3. u Totumque opus in libros octo distinxi, illud maxime observans ubicumque potui, ut ubi evangelista sermones domini consummatos esse referebat, ibi librorum termines constituerem.)) (Praef.)

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