‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 89 sur 263 · Cf. Prantl, Geschichte der Logik, vol. II, p · texte numérisé non relu

Cf. Prantl, Geschichte der Logik, vol. II, p

2. Comme au moyen âge les termes astronomia et astroîogia sont employés d'une manière peu précise, ce passage mérite d'être reproduit dans ses parties principales : « Inter astronomiam autem et astrologiam aliqidd difTert, licet ad unam disciplinam ambae pertineant. Nam astronomia coeli conversionem, ortus, obitus motusque siderum continet, vel ex qua causa lia vocentur ; astroîogia vero partim naturalis, partim superstitiosa est. Naturalis dum exsequitur solis lunaeque cursus vel stellarum, certas temponim quaestiones. »

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de sailli Grégoire, oonna sous le nom de Cura pastoralis. Quelque peu original que soit cet ouvrage de Raban, il est cependant de la plus grande importance, aussi bien pour la connaissance du degré d'élévation de la culture du clergé, à cette époque, surtout en Allemagne, que pourFinfluence qu'il exerça^ non seulement sur les disciples immédiats de Raban, mais même sur les siècles ultérieurs (1).

Nous retrouvons ce même caractère scientifique dans un autre ouvrage bien plus considérable que Raban composa dans sa solitude de lettré, après s'être démis de sa dignité d'abbé : c'est l'encyclopédie : De imiverso , comprenant vingt-deux livres^ qu'il dédia d'abord à un ancien compagnon d'études, àHaimon, évêque d'Halberstadt. Cet ouvrage avait pour but, ainsi que l'auteur l'écrit à Ilaimon, de tenir lieu de récapitulation pour cet évêque missionnaire si affairé , en lui présentant sous une forme concise ce qu'il avait lu autrefois jeté çà et là dans vingt volumes. Raban l'a composé à la manière des Anciens qui écrivaient sur la nature des choses et sur les étymologies des noms et des mots; mais il s'est proposé encore un autre but; il y a ajouté la signification mystique de ces mêmes choses, en sorte qu'Haimon y trouvera, marchant de pair, aussi bien Texplication historique que l'explication mystique (2). C'est en cela effectivement que consiste principalement l'originalité de cet ouvrage, qui, pour le reste, est, en majeure partie^ une copie textuelle des Etymologies de saint Isidore : c'est, pour ainsi dire, une encyclopédie Isidoriennemiseà la portée du théologien chrétien. Pour atteindre ce but, l'auteur a un peu changé l'ordonnance de la matière : saint Isidore commence son ouvrage avec les sept arts libéraux, auxquels se rattachent la médecine, la jurisprudence et la science historique ; ce n'est qu'après cela que la Bible et la

1. Deux autres ouvrages Ijien moins importants et écrits plus tard par Raban offrent un fond analogue; nous nous contentons d'en faire connaître le titre : De sacris ordinihus, sacramentis divinls et vestimentis sacerdotfdibus ; De disciplina ecclesiastica Uhrl très.

2. Cf. avec cela l'autre dédicace adressée à Louis le Germanique, dans laquelle Raban caractérise l'ouvrage comm*^ traitant d^^ s?rmr)num proprictut(' et de mystica rerum significafinne.

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liturgie lui sorvcul tlo trausilion pour arriver à Dieu lui-même et il la hiérarchie céleste (livre VllI) (i); Haban, au contraire, débute par ces dernières, en consacrant ses cinq premiers livres en général à la religion et à TÉgiise et en laissant complètement de côté les sciences profanes. Pour le reste, il suit en grande partie le cadre de saint Isidore (2) ; mais afin de faire correspondre le nombre des livres de son ouvrage au nombre des livres de l'Ancien Testament, ainsi que l'a fait saint Jérôme, il l'a divisé en vingt-deux livres, au lieu de le diviser en vingt, comme saint Isidore. Que l'explication mystique, c'est-à-dire allégorique , ajoutée par Raban, ne soit elle-même, en général du moins, qu'un travail d'emprunt, c'est ce qu'il est à peine besoin de dire, vu son caractère traditionnel. Ici même Raban a eu pour source principale saint Isidore et en particulier son livre « Alle(joriac quaedam sacrae Sciiptiirae » (3).

Quoique Raban mette peu de son propre fonds dans ce volumineux ouvrage dont il dédia un exemplaire au roi Louis ,

\. Voy. Voll, p. 62/i.

2. A partir du onzième livre, avec lequel plusieurs manuscrits commencent une deuxième partie (voy. vol. I, p. 625.); seulement parmi les livres de St Isidore qui précèdent celui-là, Raban en déplace deux, en partie seulement, et les fait entrr en ligne plus tard; par exemple, le neuvième d'Isidore jusqu'au commencement du chapitre cinquième, devient le dixième de Raban. D'un seul même livre de St Isidore, le quatorzième, Raban l'ait deux livres, le douzième et le treizième (ce dernier à partir du ch. 8 du quatorzième livre d'Isidore) et, dans ce cas, il ajoute beaucoup du sien. Montrons par un ou deux exemples, pris au hasard, le procédé de Raban dans le remaniement de l'ouvrage de St Isidore. Il dit [De imiverso, 1. XVI, c. 4);« Cives vocali, quod in unum coeuntes vivant, utvita communis et ornalior fiat et tutior. » C'est, à la lettre, ne que dit St Isidore (1. IX, 0.4, § 2 ). Or, Raban continue : « Cives autem mystice in bonam partem ponuntur, ut est illud in Apostolo : Vos estis cives sanctorum et domestici Dei {Ephei. IL). Item in malam partem, quando ad Babyloniam spiritalem, hoc est, in partem diaboli deputantur. « Raban dit un peu plus loin dans le même chapitre : « Mercenaril sunt qui serviunt accepta mercede : iidem et barones Graeco nomine, quod sint fortes in laboribus. » A cette reproduction textuelle de St. Isidore (l. c, § 31), Raban ajoute: « Mercenarii mystice illos significant qui serviunt domino, non pro amore divino tantum, sed pro temporali retributione, de quibus scriptum est in Evangelio, » et là-dessus il cite deux passages des livres saints.

3. V. Vol. I, p. 630. On attribue à Raban lui-même un livre intitulé Allegoriae in universam sacrum scriptumm dans lequel se trouve donnée la signification allégorique d'un grand nombre de substantifs, rangés par ordre alphabétique.

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sur \o désir même do ce monarque (1) , il n'en est pas moins vrai de dire qu'il était important pour la conservation et la propagation de maintes connaissances du moyen âge, vu que, par sa disposition particulière, comme par le nom de son auteur , il devait se recommander, plus que ne le faisait celui de saint Isidore, au clergé de cette époque.

A ce groupe des œuvres de Raban, il faut encore rattacher le traité de peu d'étendue : De anima, lequel est dédié à Lothaire, roi très avide de science, par conséquent à Lothairell; c'est peut-être le dernier écrit de notre auteur (2). Ce traité n'est presque qu'un extrait , emprunté principalement au livre de Cassiodore, qui a le même titre (3) ; Raban dit, dans la dédicace , n'y avoir fait qu'une ou deux additions de son propre fonds. Chose curieuse, notre auteur y a ajouté, sur l'art militaire des Romains, « à cause des incursions très fréquentes des Barbares, » quelques chapitres consistant en des extraits assez courts de l'ouvrage connu de Yégétius : De disciplina Romanae militiae (4).

Les ouvrages que nous venons de considérer dérivent directement soit de l'enseignement, soit des études savantes de Raban qui avait pour but, en les composant, et de s'instruire lui-même et de propager la science qu'il avait acquise : ce sont donc des produits du maître d'école et du savant ; mais, à côté de ces écrits, nous en trouvons une autre classe, essentiellement différente, et les ouvrages qui la composent doivent leur origine à la position officielle de Raban, soit comme abbé, soit comme évêque. Ce sont des écrits du théologien publi-

1. Dans cette dédicace elle-même se manifeste la tendance religieuse de l'ouvrage, car selon l'expression de Raban, l'ouvrage doit servir au Roi : « Quatenus tuum bonum studium multis proveniat ad spiritalem profectum, et fiai tam tibi quam illis (à ses sujets) spiritale exercitium atquc coeleslis fjaudii mcrementum. »

2. Du moins est-il de ses dernières"années, ainsi que Fa montré Duemmler dans l'édition, ci-dessous énoncée, de l'appendice (p. 451).

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