SERMONS
de vices. Ils ont manifestement pour base, en partie du moins, des sermons prêches par Raban lui-même. De là leur peu d'étendue : il traduisit à coup sur le discours latin en allemand (1), en y ajoutant maints détails nécessaires à l'expliquer, car ces sermons étaient destinés au peuple. Beaucoup d'entre eux ont, par le fait, un caractère populaire, en ce que le côté dogmatique fait place au côté moral. Ils ne sont qu'en partie l'œuvre personnelle de Raban ; plusieurs sont empruntés plus ou moins aux sermons de saint Léon, de saint Augustin, d'Alcuin, etc. Les plus importants, au point de vue de l'histoire de la civilisation, sont en même temps les plus populaires ; Raban y combat les mauvaises habitudes de ses compatriotes, et principalement les restes de superstitions pagano -germaniques, restes qui se sont conservés, dit-il, par les relations qu'on a avec les habitants encore païens : telles sont les homélies quarante-deuxième et quarante-troisième. La première a pour sujet cette coutume superstitieuse qui consiste, quand la lune décroît, à faire du bruit, à lancer des flèches dans l'air, à jeter du feu vers le ciel, afin de porter secours à la lune et de la protéger contre des monstres qui voulaient la dévorer (2). Ce n'était pas là le seul désordre auquel cette coutume donnait lieu. Raban débute, dans son discours, d'une manière très populaire. Il était assis, dit-il, il y a quelques jours, bien tranquillement chez lui ; c'était le soir et il était plongé dans ses méditations, quand^ tout à coup, il entendit un bruit épouvantable ; il en demande le motif et c'est la réponse qui fait maintenant l'objet de son récit sarcastique. Il ne se contente pas toutefois de montrer la bêtise de cette superstition ; il explique encore le phénomène qui lui a donné lieu. Dans l'autre homélie, il s'élève contre la consultation des devins et des astrologues, dans le cas de maladie notamment, comme aussi contre maintes superstitions^ celles surtout qui ont lieu à l'occasion des voyages, comme l'observation des oiseaux et de leur chant, du jour du départ et de celui de l'ar-