‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 93 sur 263 · Cf. Grimm, Deutsche Mythologie, ¥ éd., p. 588 sq · texte numérisé non relu

Cf. Grimm, Deutsche Mythologie, ¥ éd., p. 588 sq

160 IIABAN [141-2]

rivée, de réternument (1). Ce qui doit plutôt nous protéger contre tout souci, c'est le signe de la croix.

Faisons remarquer encore d'une manière spéciale l'homélie soixante-troisième qui s'attaque aux vices à la mode à cette époque, en Allemagne, vices qu'on regarde comme peu de chose, ou même comme n'étant rien du tout et qui étaient si répandus qu'on les prenait même pour des vertus. Ce sont la honne chère et l'ivrognerie [comessatio et ebrietas)\on les trouve chez les grands et chez les petits, dans les deux sexes et dans tous les états, sans en excepter le clergé. On exalte même le viveur qu'on qualifie de généreux, tandis qu'on blâme ceux qui pratiquent la sobriété. Dans plusieurs de ces homélies, l'auteur met également le peuple en garde contre la bouiïonnerie, contre le rire aux éclats et d'une manière exagérée (2).

Le deuxième recueil renferme des homélies au sens strict du terme, des sermons qui, se rattachant aux leçons de la Bible, pour les dimanches et jours de fête, en expliquent le texte. Ce recueil fut composé d'abord, sur le désir de l'empereur Lothaire, pour ce monarque lui-même ; mais des trois parties qu'il comprenait, une seule s'est conservée.

Tels sont, parmi les ouvrages en prose de Raban, ceux qui olï'rent un intérêt général, au point de vue de l'histoire littéraire (3). Mais, quelque faible que fût son talent poétique, Raban a composé aussi des poèmes. Ce n'est pas en vain cependant qu'il avait étudié la métrique auprès d'Alcuin,

Page 1