‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 94 sur 263 · Cf. Grimm, op. c, p. 944 sq., 953 sq · texte numérisé non relu

Cf. Grimm, op. c, p. 944 sq., 953 sq

2. Dans l'homélie 50, Raban dit, entre autres choses : « Auditum a scurrilitate avertere, risum excelsum et excussum non amare. •>->

Parmi ces homélies, nous trouvons, en dernier lieu (N» 70), et également sous le titre d'homélie, une composition relative à la translation à Jérusalem de la sainte Croix, par Héraclius : elle avait été volée par Kosroës. Ce sujet apparaît souvent plus tard, au moyen âge, même dans les littératures nationales. Cette composition ne présente toutefois ni la formede Fhomélie, ni le style de Raban. Faisons remarquer ici, que, dans son Erarlcs, Massmann n'en fait nullement mention.

3. Voilà pourquoi je ne dis rien ici de quelques autres, dans lesquels Raban s'est, en partie, copié lui-même; on en trouve les titres dans Baehr, Op. ('., p. 434 et 435. Le PuenUentlaley rédigé par Raban, très important pour riiistoire de l'Eglise, n'est pas, cela va sans dire, un ouvrage littéraire.

[l42-.'i.] Üi: LAI DIHLS SANCTii: ciucis 161

ainsi qu'on lénioigiic , entre tous , un ouvrage qu'il ne termina que plus tard , à l'âge de trente ans , il est vrai mais auquel sûrement il avait déjà mis la main à Tours. A l'exemple de son maître Alcuin, imitateur lui-même à cet égard d'un Porphyre et d'un Fortunat(l), il composa, en vers , une œuvre figurative sur la plus vaste échelle : De laudibus sanctae crucis. On y voit apparaître la croix en vingthuit « figures, » dessinées dans des poèmes en hexamètres; les lettres elles-mêmes , enfermées par les lig-nes du dessin, forment aussi des vers et même des vers autres que l'hexamètre (2), travail aussi extraordinairement artificiel et pénible que peu poétique. L'idée de ce travail lui avait été donnée par son ami et condisciple à Técole d'Alcuin , je veux dire par Hatton(3), qui excellait dans la peinture et qui, à n'en pas douter, fournit les dessins; le fait est d'autant plus certain que Raban , dans une lettre adressée à cet ami et qui accompagne l'envoi qu'il lui fait de l'ouvrage , le désigne comme son collaborateur (4). Chaque poème est suivi d'une explication ( declaratio figuras ) en prose , explication qui laisse souvent fort à désirer, même pour l'intelligence de la (( figure , » vu les raffinements de la composition tout entière. Bien plus, à cause de 1' « obscurité d'expression » de l'ouvrage par suite des figures, lesquelles ont obligé le poète aux constructions les plus arbitraires , Raban ajouta un deuxième livre à son ouvrage (5), et ce livre remet les poè mes en prose compréhensible. Nous y trouvons en même temps la meilleure preuve du peu de valeur de ces artifices

1. Cf. plus haut, p. 39. Raban a pris Porphyre directement pour modèle, et, dans le prologue, il renvoie à cet auteur relativement aux abréviations qu'il s'est permis. Cf., sur Fortunat, vol. 1, p. 572. La meilleure édition du poème de Raban est celle de Henze. Leipzig, 1847.

2. C'est ainsi que nous trouvons, dans le cercle qui entoure la tête de l'ompcreur Louis (dans la préface), les deux vers adoniques : « Tu Hludolùcum -^ Chrisle corona. » Dans Tintérieur du bouclier, il va deux distiques, et, dans la croix que tient Louis, deux vers asclépiades, etc.

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