Voy. plus loin
4. Voy. cette lettre dans Kunstmann, Op. c, p. 169; il la publia le premier.
5. Il suit, dit-il, l'exemple de Prosper et de Sedulius. Cf. vol. I, p. 392 et 403 sq.
métriques qui firent, il est vrai, l'admiration des contemporains et même celle des âges postérieurs (1). L'ouvrage est précédé de trois poèmes , dont deux ne furent ajoutés que plus tard par Raban : Tun, en distiques, est adressé au pape saint Grégoire, auquel Fauteur envoie un exemplaire de l'ouvrage ; l'autre (un poème figuratif et dont le texte principal est en hexamètres), contient la dédicace de l'ouvrage tout entier à Louis le Débonnaire, dont le portrait, avec couronne, croix et bouclier , forme la figure elle-même. Le premier de ces poèmes est en distiques, et a pour titre : Intercessio Albini pro Mauro ; il renferme une prière à saint Martin, patron du monastère de Tours; c'est Alcuin lui-même, au nom de qui Raban a composé ce poème, qui supplie le Saint d'accueillir favorablement l'ouvrage de son élève et d'obtenir de Dieu le pardon de ses fautes. Ce poème, qui montre sous un jour plein d'intérêt^ les rapports entre Raban et Alcuin, nous fait voir, en même temps, que cetouM'age fut commencé à Tours, sous les auspices d'Alcuin lui-même (2).
Les autres poèmes de Raban sont, en majeure partie, des poèmes d'occasion, en distiques, semblables à ceux d'Alcuin et de Fortunat. Ils sont adressés à des amis ou protecteurs, et offrent un caractère épigrammatique ou épistolaire, selon leur brièveté ou leur longueur. Quelques-uns sont même, ainsi que dans Fortunat, composés au nom d'autres personnes (3). Ils ont de l'intérêt par les destinataires, et aussi, comme sources pour la biographie de Raban : tels sont le XIV, à Ratgar; les XY et XYI. à Eigil; le XIX, à Samuel; quelques-uns en offrent encore, au point de vue de l'histoire de la culture intellectuelle : tels sont le XVU, à Gerhoh; le XXX, à Bonose (Hatton), dans lequel l'auteur compare l'écriture à la peinture
1. Les dessins offrent toutefois de l'intérêt pour l'histoire de l'art et de la civilisation ; la première figure est le portrait du Crucifié lui-même.
2. Il nous montre encore qu'il ne fut terminé qu'après la mort d'Alcuin, ce qui concorde entièrement avec les données de Vlntercesslon elle-même, laquelle nous apprend que Raban édita l'ouvrage, après avoir accompli six lustres. C'est ce que n'a pas vu Kunstmann (p. 43). Il faudrait admettre sans cela que c'est Alcuin lui-même qui a composé cette Intercession.
3. Par exemple, c. V, au nom d'Isambert. Cf., par rapport au précédent, employé par Fortunat, vol. I. p. 565 et 560.
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et donne la préférence à celle-là. Quelques-uns, de plus longue haleine, ont aussi un fond plus général. R ab an a composé, en outre, un certain nombre d'inscriptions, surtout pour des autels, de même que des épitaphes dédiées, en partie, à des hommes haut placés, tels que l'empereur Lothaire, Alcuin, les archevêques Heistulf et Otgar, Eigil, Eginhard, Ratleik, Walahfrid et Raban lui-même. Quoique la plupart de ces poèmes ne soient qu'un pur travail de versification, on doit dire néanmoins qu'on trouve, dans quelques-uns , dans ceux surtout où l'auteur laisse parler le sentiment de l'amitié, des passages d'une lecture attrayante (1).
Deux poèmes de Raban méritent encore une mention particulière. L'un (c. XXXII), à strophes de trois lignes (2), mais qui ne nous a pas été conservé dans son entier, dépeint avec de vives couleurs à un « frère » absent Fémigration des moines de Fulda, causée par la cruauté de Ratgar; l'autre (c. XXXI) est un long poème de cent strophes de six lignes et en dimètres iambiques rythmiques. Je parlerai à nouveau plus loin de sa forme. Quant au fond, il débute par un éloge de la Sainte Trinité, dont le poète annonce la véritable essence. Il chante ensuite la création des anges, la chute de Lucifer, la création du monde, la chute de nos premiers parents, leur éloignement du paradis, la mort d'Abel, le déluge et la ruine subséquente des mœurs, qui a pour suite la mission du Christ. Le poète raconte alors la vie, les miracles, la passion, la descente aux enfers, la résurrection et l'ascension du Sauveur; vient ensuite une peinture détaillée du jugement dernier, ainsi qu'une prière qui [termine le poème. Un distique, qui vient immédiatement après, nous fait encore connaître que Raban est bien l'auteur de ces vers. Cette pièce, à la forme populaire et au style simple, nous en rappelle d'autres, composées plus tard, même dans la langue nationale allemande, dont elle ne semble être du reste que le précurseur.
1 . Comme dans le poème sus-mentionné à son ami d'enfance Samuel quand il était encore prêtre. Un grand nombre de poèmes sont adressés à cet ami. Parmi les épitaphes, celles qui sont adressées àAlcuin et à Heistulf méritent une mention spéciale au point de vue de la forme.
Z. Dans le mètre : 00--00-0.
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Raban a également composé des hymnes; du moins lui en attribue-t-on un certain nombre ; mais comme il ne m'est pas possible de distinguer celles qui sont authentiques de celles qui ne le sont pas, je dois m'abslenir de les juger ici. En effet, parmi toutes celles qu'on lui attribue, un très petit nombre lui appartiennent (1).