‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident;Chapitre 97 sur 263 · MonacMs Snngall, T, c · texte numérisé non relu

MonacMs Snngall, T, c

166 WALAHFRTD STRABO [147.1

Quoique Walahfrid se fût formé à Fécole de tant de maures de mérite et de distinction^ il se rendit néanmoins à Fulda (vers 827) pour devenir le disciple de Raban^ preuve nouvelle de la grande autorité de ce maître. C'est là qu'il se lia d'amitié avec Gottschalk, comme en tém.oigne un poème que Walalifrid lui adressa dans la suite. Il mena aussi, paraît-il, pendant quelque temps, une vie solitaire dans une cellule du monastère de Fulda, peut-être afin de se livrer tout entier à l'étude. Après avoir quitté Fulda, Walahfrid, qui n'avait aucune fortune personnelle, tomba dans une situation des plus pénibles, vu que, on ne sait trop pour quel motif, il ne retourna pas à Reichenau. Mais tout à coup, ainsi qu'il le dit dans un poème, l'arcliichancelier Hilduin l'arracha à ce poste pour l'élever à une position honorable. Ceci se passa, à mon avis, après que Walahfrid eût été recommandé à l'Empereur par Hilduin, à Aix-la-Chapelle, en 829. H exprima sa reconnaissance par un poème, composé à cette époque, dans lequel il célèbre Louis le Débonnaire, sa famille — Judith entre tous — et sa cour, sans oublier Hilduin lui-même. Walahfrid entra au service de Judith et de son fils, le jeune Charles, dont il devint le précepteur (1). Dans les années d'orage qui suivirent, il s'intéressa vivement au sort de Judith, comme aussi à celui de l'Empereur. Cette femme, belle et pleine d'esprit, « amie de la lumière (2), « comme il l'appelle agréablement dans un poème, qui aimait et cultivait même les sciences et les arts, cette femme, dis-je, devait être bien sympathique à la nature poétique du jeune savant. Aussi, après la mort d'ï^rlebald en 838, Louis le Débonnaire lui donna-t-il, pour le récompenser de sa fidélité et de ses services, l'abbaye de Reichenau. Mais il la perdit, deux ans après, lorsque, après avoir déploré lui-même la mort du vieil empereur, il dut prendre parti dans la guerre civile qui venait d'éclater, et que, fidèle au principe de l'unité de l'Empire, il se rang-ea du côté de Lothaire.

Page 1