LA HUBIQTTS ET LB PLAIN-CHANT
tt qae, de cette manière, toute méprise devint impossible. Or, depuis le commencement du Kyrie eleison jasqu^à la dernière phrase de VAgtius Iki de votre Messe en masique, je n'ai saiù que par intervalles la formule littérale de la pensée catboUqae, tandis que mon oreille n'a cessé d'être comme inondée par les sons multipliés des voix et des instruments.
LE DILKTTANTE.
Je vois qoe pins nous parlons, moins nous nous entendons. Si vous te voulez bien, nous traiterons cette question une autre fois.
Je le veux bien; en attendant, promettez-moi de lire une tra- . duction que je viens de faire du- traité du cardinal Bona sur le chant ecclésiastique et d'un opuscule publié par un prêtre catholique anglais. Le cardinal Bona, en sa qualité d'Italien et d'homme d'esprit, avait du goât pour les beaux-arts au moins autant que vous et moi. C'était en outre un écrivain d'une prodigieuse lecture, également versé dans l'étude des antiquités païennes et dans la science ecclésiastique. Le tableau qu'il trace de l'histoire ae la musique depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'époque où il vivait vous prouvera que chez tous les peuples on a dégagé des formes générales de l'art une forme particulière qu'on pourrait appeler hiératique, parce qu'elle convient spécialement à l'expression de la foi religieuse et à la prière publique. Après une trop longue interruption des traditions chrétiennes dans l'art, nous avons assisté de nos jours à leur renaissance dans l'architecture, la sculpture, l'ornementation, les vêtements sacerdotaux, l'orfèvrerie, les vitraux et ^a peinture. Toutes ces œuvres d'art ont un c6té plastique qui frappe plus directement nos sens que ne peuvent le faire les sons musicaux. Cependant, en raison de son immatérialité même, c». grand art de la musique doit occuper daaa ao8 temples une plae rtante. La nature de son action
et de ses effets sur les âmes doit être étudiée avec soin par les esprits sérieux et ramenée à des principes qui la fasse concourir à Tensemble merveilleux offert pendant de longs siècles par le culte catholique.
LE naETTANTE.
Je ne demande pas mieux que de m'éclairer sitf une question de cette importance, et je prendrai volontiers connaissance des dissertations des auteurs que vous me signalez; de cette manière nous pourrons, à la façon des professeurs du moyen âge, nous escrimer sur un texte : c'est le meilleur moyen de ne pas s'écarter * du sujet dans le feu de la discussion.