‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 10 sur 143 · Colebrooke, ibid., p · texte numérisé non relu

Colebrooke, ibid., p

2. En 1833, M. Windischmann, fils de l'auteur de Philosophie im Morgenland, 4 vol., 1827-1834, a publié, à Bonn, Sancara, sire de theologoumenis Vedanlicorum. Dans ce petit écrit, M. Windischmann distingue trois périodes dans l’histoire du Védanta : la première, où le Védanta, se tenant plus près du teste sacré, est tout contemplatif et mystique; la seconde, où il est tliéologique et philosophique, occupé à défendre la sainte tradition et à l’expliquer, période que représente Sankara; la troisième et dernière, déjà rationnelle ou plutét rationaliste, qui s’étend jusqu’à nos jours et que représente Hammohun- Roy.

fesse un Dieu intelligent, cause volontaire de l’univers. Dieu est un être raisonnable et qui connaît, et on peut dire qu'il a une âme. De là une théorie de la création qui semblerait constituer un théisme véritable. Le Védanta parle presque comme le Tintée : • La cause suprême désira être plusieurs et féconde, et elle devint plusieurs'. » Ce désir-là n'est pas encore l’amour de Platon et du Christianisme, mais il lui ressemble, et ce trait de ressemblance suffit à hon< rer le Védanta.

D’autre part, le panthéisme ne respire-t-il pas dans ce passage? « Cet univers est véritablement Brahma; car il en sort, il s’y plonge, il s’en nourrit; il faut donc le vénérer, l’adorer5. » — « Comme l’araignée lire d’elle et retire en elle son fil, comme les plantes sortent de la terre et y retournent, comme les cheveux de la tête et les poils du corps croissent sur un homme vivant, ainsi sort l’univers de l’inaltérable*. » — « Dans la jouissance, on distingue celui qui jouit et ce dont, il jouit, mais cette distinction n’ôte pas l’unité et l’identité de Brahma comme cause et effet tout ensemble. La mer ne diffère pas de ses eaux, et cependant les vagues, l’écume, les gouttes, et ses autres modifications diffèrent les unes des autres. » — « Un effet n’est autre que sa cause. Brahma est unique et sans second. Il n’est pas séparé de lui-même lorsqu’il a pris un corps. Il est l’Ame et l’âme est lui.» — « Comme le lait se change en lait caillé, et l’eau en glace, ainsi Brahma se transforme et se diversifie sans outils ou moyens extérieurs d’aucune sorte : de la même façon

Page 1