‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 11 sur 143 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

l’araignée tire sa toile de sa propre substance, les esprits prennent des formes diverses, les grues propagent sans mâle, et le lotus se propage de marais en marais sans organes de mouvement'. » — « Le soleil lumineux, quoique unique, réfléchi dans l’eau, devient divers et multiple; ainsi fait l’âme divine incréée en revêtant , divers modes*. » — « Dieu n’est ni de celte façon ni de celle-ci, car rien n’existe que lui*.»

Ces passages, fidèlement tirés par M. Colebrooke des traités authentiques du Védanta, le contraignent, lorsqu’il prend lui-même la parole dans une récapitulation', de définir ainsi le Dieu de la meilleure philosophie de l’Inde : « créateur et nature, formateur et forme, l’ouvrier et l’œuvre. » .

D’une telle théodicée sort une psychologie qui y est conforme.

Il y a deux espèces d’âmes. 11 y a d’abord l’âme individuelle qui émane de l’âme suprême, semblable aux étincelles qui jaillissent d'un foyer enflammé, et dont le sort est celui de ces étincelles5. Ce sort-là est bien assez pour l’individu si fort méprisé dans l’Inde. Mais au-dessus de cette âme subalterne, est une autre ârne qui n’est pas individuelle, et n’est pas seulement sensible mais intelligente et gouverne le corps sans être corporelle*. Elle est active, mais son activité ne lui est pas essentielle7. C’est l’âme suprême qui la fait agir conformément aux instincts bons ou mauvais qui lui ont été donnés; elle n’est point libre. Et

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