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chacun qu’il est nécessaire que j’y réponde un peu amplement. C’est pourquoi je dirai ici premièrement que l’infini en tant qu’infini n’est point à la vérité compris, mais que néanmoins il est entendu, car entendre clairement et distinctement qu’une chose est telle qu’on re peut de tout point y rencontrer de limites, c’est clairement entendre qu’elle est infinie. Et je mets ici de la distinction entre Vindcfini et l 'infini. Il n’y a rien que je nomme proprement infini, sinon ce en quoi de toutes parts je ne rencontre point de limites, auquel sens Dieu seul est infini ; mais pour les choses où, sous quelque considération seulement, je ne vois point de fin, comme l’étendue des espaces imaginaires, la multitude des nombres, la divisibilité des parties de la quantité ou autres choses semblables, je les appelle indéfinies et non pas infinies, parce que de toutes parts elles ne sont pas sans fin et sans limites. »
V. Mais le grand champ de bataille des adversaires de Descartes, leur point d’attaque favori est une définition de la substance, équivoque en effet, et que Descartes avait par mégarde hasardée dans les Méditations où elle ne tient en rien au système, et n’est le principe d'aucune conclusion ni la conclusion d’aucun principe. Troisième Méditation1 : c ... Une substance ou bien une chose qui de soi est capable d’exister. » Or s’il n’y a de substance que celle qui de soi est capable d’exister, l’âme humaine n’est pas une substance, ni la matière non plus; ce ne sont alors que des phénomènes; il n’y a donc qu’une seule substance ; en sorte que le spinozisme est au bout de cette définition. Aussi Descartes, comme
pour venger d'avance sa mémoire et absoudre sa philosophie, s’est-il empressé de déclarer que si à la rigueur la définition de la substance ne s’applique qu'à Dieu, il n’est pas moins très-raisonnable d’appeler substances des êtres créés, il est vrai, mais existants, sinon parleur propre nature, du moins très -réellement, doués de qualités et d’attributs, et qui, une fois en possession de l’existence, n’ont besoin, pour subsister jusqu’au terme qui leur a été assigné, que du concours ordinaire de Dieu. Et, encore une fois, il ne donne pas cette explication, pour se tirtr d’affaire, dans quelque obscure correspondance, il l’inscrit avec éclat au front du grand livre des Principes, 1" partie, §51* : • Pour ce qui est des choses que nous considérons comme ayant quelque existence, il est besoin que nous les examinions ici l’une après l’autre, afin de distinguer ce qui est obscur d’avec ce qui est évident en la notion que nous avons de chacune. Lorsque nous concevons la substance, nous concevons seulement une chose qui existe en telle façon qu’elle n’a besoin que de soi-même pour exister. En quoi il peut y avoir de l’obscurité touchant l’explication de ce mot : N'avoir besoin que de soimSme ; car, à proprement parler, il n’y a que Dieu qui soit tel, et il n’y a aucune chose créée qui puisse exister un seul moment sans être soutenue et conservée par sa puissance. C’est pourquoi on a raison dans l’école de dire que le nom de substance n’est pas univoque au regard de Dieu et des créatures, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune signification de ce mot que nous concevions distinctement, laquelle convienne en même temps à